La Microbrasserie La Memphré se heurte encore à des portes fermées à Magog

La Microbrasserie La Memphré se heurte encore à des portes fermées à Magog

Crédit photo : (Photo gracieuseté - Archives/COSMOSIMAGE)

MAGOG. Même si l’achat local est la tendance de l’heure, la Microbrasserie La Memphré se bat encore pour faire rayonner ses produits dans la région de Memphrémagog. Un traitement dont s’explique bien mal le copropriétaire Todd Pouliot.

Aux yeux de l’homme d’affaires, les acteurs de la communauté qui vendent de l’alcool devraient avoir le réflexe de penser à vendre les produits de sa microbrasserie. Pour lui, il s’agit simplement d’une question de principe, sachant que lui-même s’efforce à utiliser le plus possible les produits locaux à son restaurant.

«Pour moi, c’est clair que je veux du fromage de Coaticook dans ma poutine. Je ne me pose même pas la question, car je suis fier d’avoir un si bon produit qui vient de chez nous. Ça me semble tellement logique!», soutient-il.

Pourtant, M. Pouliot reconnaît qu’il existe encore un manque d’ouverture dans la communauté. Il donne en exemple l’aréna de Magog où aucune de ses bières n’est vendue. «J’ai fait des démarches il y a deux ans à la Ville et on m’a expliqué que c’était difficile en raison d’un contrat d’exclusivité avec Labatt et Molson. C’est tellement ridicule, car la Ville devrait être fière d’encourager les produits qui la font rayonner et surtout, montrer l’exemple», déplore-t-il.

Ce qui est encore plus frustrant est de voir que dans d’autres Municipalités, le traitement réservé à la microbrasserie locale est bien différent. Il cite en exemple la microbrasserie Farnham Ale & Lager qui est la seule bière servie à l’aréna de la place, et ce, en plus d’avoir signé un contrat d’exclusivité pour les événements organisés par la Ville (voir autre texte).

Il y a au moins de la lumière au bout du tunnel selon l’homme d’affaires, qui se fait de plus en plus approcher localement. Il collabore notamment avec la station du Mont-Orford, en plus de quelques restaurants et hôtels. Toutefois, ses principaux partenaires sont de l’extérieur de la région, notamment dans la grande métropole montréalaise.

«C’est bizarre à expliquer comme situation. On dirait qu’en raison de mon resto, les gens de Magog oublient que j’ai une fabrique à bières qui est en pleine expansion. Créer des recettes uniques sur demande, comme on le fait pour le Guacamole y Tequila, c’est ça qui me fait triper. Et ce n’est pas comme s’il y avait douze microbrasseries à Magog», conclut-il.

 

La Ville se défend

Conseillère en communication à la Ville de Magog, Céline Ruel fait valoir que la gestion du bar à l’aréna, ainsi que celui de la pointe Merry, est confiée à Gestion Multi-loisirs. De ce fait, elle soutient que la Ville «n’a pas réellement de droit de regard» sur la façon de fonctionner de l’organisme.

Toutefois, Mme Ruel assure que la Municipalité fait tout en son possible pour encourager les acteurs de sa communauté. «Lorsqu’on peut faire appel à des commerces de la place, on le fait. Et lorsque nous avons des demandes de prix à faire, nous invitons en priorité des fournisseurs de Magog quand il y en a», explique-t-elle.

De plus, pour des contrats de moins de 25 000 $, la Municipalité a le droit d’accepter un fournisseur de Magog même s’il est à 5% plus cher qu’un autre fournisseur. La différence de prix ne doit toutefois pas excéder 500 $. D’ailleurs, cette politique pourrait être modifiée prochainement pour que cette règle s’applique aussi à des contrats de moins de 50 000 $.

 

Pas de contrat d’exclusivité

Chez Gestion Multi-loisirs, on confirme ne plus être lié à un contrat d’exclusivité avec un grand brasseur comme ce fut le cas durant quelques années. Le président de l’organisme, Sylvain Tousignant, explique la raison d’être de cette pratique. «En signant un contrat d’exclusivité avec Labatt, ça nous permettait d’obtenir des commandites ainsi que des rabais. C’était intéressant pour nous dans un contexte que nos profits diminuaient de façon importante. Aujourd’hui, nos ventes de bière à l’aréna ont chuté de plus de 50% comparativement à il y a dix ans», explique M. Tousignant.

Maintenant que l’organisme a les coudées franches dans son choix de fournisseur, pourquoi se fait-il que la Memphré soit encore absente de l’aréna? «Avec le projet du complexe deux glaces, l’avenir de Gestion Multi-loisirs est plus qu’incertain. Dans ce contexte, on a préféré poursuivre nos opérations, sans faire de changement. Ce n’est rien contre Todd et sa microbrasserie. S’il y en a un qui s’implique, c’est bien lui, et je suis le premier à l’encourager. Si on conserve la gestion du futur aréna, ce sera intéressant de regarder les possibilités de collaborer avec lui», conclut le président.

 

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