Une mère de famille droguée au GHB à Magog

Par superadmin
Une mère de famille droguée au GHB à Magog
Guylaine Simard espère que son témoignage fera bouger les choses afin de prévenir d'autres crimes commis par la drogue du viol.

Une soirée entre amies s’est terminée sur un lit d’hôpital pour une Magogoise qui a été droguée à son insu avec du GHB, une substance mieux connue sous le nom de drogue du viol. 

Guylaine Simard se trouvait dans un établissement licencié de Magog, dans la nuit du 13 au 14 septembre dernier, lorsqu’elle a vite réalisé que quelque chose ne tournait pas rond. Incapable de bouger ses bras et ses jambes, elle arrivait à peine à parler tellement son souffle était devenu court. «Je n’étais même plus capable de voir autour de moi, raconte la femme de 49 ans qui était accompagnée d’une amie. Je n’arrêtais pas de répéter que ce n’était pas normal, surtout que je n’avais pas bu de manière exagérée. Quand les ambulanciers sont arrivés et que je me suis sentie en sécurité, j’ai complètement perdu la carte.»

Le diagnostic aurait été confirmé le lendemain par un médecin, soit une intoxication au GHB. Des mots difficiles à entendre de l’aveu même de cette mère de quatre enfants, qui avoue avoir passé par toutes les gammes d’émotions dans les jours qui ont suivi les événements. «J’ai ressenti de la colère, de la honte. Je m’en suis même voulu. Ce qui est difficile à accepter, c’est que la personne qui a commis ce crime à mon égard, un crime à caractère sexuel en raison de ses intentions, s’en est sorti trop facilement. S’il l’a fait une fois, c’est sûr qu’il va recommencer. C’est ce qui est le plus dégueulasse.»

Se sentir appuyer

Que ce soit lors de son court séjour à l’hôpital ou lorsqu’elle a voulu porté plainte à la police, Guylaine Simard avoue avoir gardé un goût amer de la manière dont elle a été traitée. Elle ne veut pas faire le procès de qui que ce soit sur la place publique, mais elle espère que sa mauvaise expérience puisse porter à réflexion. «Lorsqu’on vit ce genre d’épreuve, on doit se sentir appuyer et non juger, car c’est très facile de fuir et de s’isoler. Ce n’est pas par hasard si la majorité des femmes, qui vivent la même chose, n’osent pas porter plainte. Il devrait y avoir beaucoup plus de support», croit-elle.

La résidante de Magog suggère la création d’une Table de concertation sur le sujet pour que tous les intervenants en lien avec cette problématique puissent discuter et trouver des solutions. Sans quoi, d’autres victimes s’ajouteront au tableau de chasse des prédateurs. «Tout le monde sait qu’il faut surveiller notre verre quand on va dans un bar. Mais si un crotté t’as pris pour cible, il va être cent fois plus attentif à ton verre que toi. Est-ce qu’on peut, au moins, s’assurer que nos jeunes filles soient en sécurité si elles décident, un soir, de se lâcher lousse dans un bar de Magog? À leur âge, je n’imagine pas les séquelles qu’une telle expérience pourrait avoir sur leur vie», s’inquiète-t-elle.

Très peu de plaintes

Le directeur de la Régie de police de Memphrémagog (RPM), Guy Roy, soutient que le nombre de plaintes en lien avec le GHB demeure très faible sur son territoire, soit moins de cinq cas au cours des dix dernières années. Toutefois, il précise que ces chiffres doivent être interprétés avec prudence. «Nous sommes conscients que le nombre de plaintes ne représente pas ce qui se passe sur le terrain. Tout comme pour les crimes à caractère sexuel et les crimes envers les aînés, les victimes n’osent pas dénoncer pour diverses raisons. Il faut aussi dire que plusieurs personnes utilisent le GHB de façon récréative et volontaire», observe-t-il.

Le grand patron rappelle que la RPM a été un des premiers services policiers en région à avoir intégré les services du Centre d’aide et de lutte contre les agressions à caractère sexuel (CALAC) à même son poste de police. De sorte qu’un suivi est assuré avec toutes les victimes d’un crime contre la personne, qu’il y ait une plainte ou non. «On prend cette situation très au sérieux», conclut le directeur.

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