Une journée historique pour les fans d’Elvis Presley

Par Patrick Trudeau
Une journée historique pour les fans d’Elvis Presley
Sébastien Grenier est certainement l'un des plus grands fans d'Elvis Presley au Québec.

FAN. Lorsque Sébastien Grenier a été victime d’une sévère dépression au début des années 2000, il a possiblement été sauvé par l’intérêt qu’il nourrissait à l’égard d’Elvis Presley.

:«Au lieu de me lancer dans l’alcool ou la drogue, j’ai mis mes énergies sur la recherche et la collection d’objets rares, et je crois sincèrement que ça m’a aidé à guérir», soutient le Magogois de 44 ans.

«Certains pensent que je suis fou de dépenser autant de temps et d’argent… et ils ont peut-être raison. Mais j’essaie de les convaincre que c’est uniquement de la passion», ajoute-t-il en riant.

Bien qu’il n’ait effectué qu’une seule visite à Graceland (la maison du King) il y a une quinzaine d’années, Sébastien Grenier possède plusieurs items qui en font l’un des plus importants collectionneurs d’Elvis au Québec. Dans ses présentoirs, on peut notamment y retrouver des albums inédits – édités au Japon ou au Mexique -, des foulards de scène, différents objets promotionnels, des billets authentiques de spectacle et des boutons de manchette ayant appartenu au défunt. «Lorsque je suis allé à Memphis, j’y suis resté une dizaine de jours. Ma valise était pleine d’objets à échanger, et lorsque je suis revenu, elle était encore plus pleine. J’ai réussi à rencontrer plusieurs gens qui avaient côtoyé Elvis», se remémore-t-il.

Perfectionniste dans l’âme, ce fan magogois a visité tout ce qui touchait de près ou de loin à son idole. «À Graceland, j’ai pris cinq heures pour faire le tour de la maison, alors qu’on alloue habituellement 45 minutes aux touristes. J’ai aussi visité le magasin où il a acheté sa première guitare et mis les pieds dans sa première école primaire. Là-bas, les gens étaient un peu étonnés de voir un gars du Québec s’intéresser à un endroit aussi modeste».

Poussant sa passion à l’extrême, Sébastien Grenier a fait confectionner des répliques exactes d’un costume, d’une ceinture et d’une bague ayant été portés par Elvis lors de ses spectacles. «Ce sont des objets qui sont faits à la main, avec une très grande précision. Je reconnais que ça m’a coûté cher… pour quelque chose que je ne porterai pas souvent!»

Déjà 40 ans

Alors qu’on célèbre aujourd’hui le 40e anniversaire de son décès (16 août 1977), le King semble toujours bien vivant dans la mémoire de ses fans.

Cette journée historique, Sébastien Grenier la soulignera en compagnie de milliers d’autres Québécois, ce soir au Centre Vidéotron.

Pour l’occasion, le chanteur Martin Fontaine – qui a popularisé «Elvis Story» au Capitole de Québec – y présentera son spectacle «Elvis Experience», accompagné de l’Orchestre symphonique de Québec.

Journée mythique pour tous les amateurs d’Elvis, le 16 août est une date encore plus importante pour le collectionneur magogois, lui qui s’est justement marié un 16 août. «Ma fille (Ozéane) est même née le 16 août 2002, lors du 25e anniversaire du décès. Je me souviens très bien de cette folle journée. Je devais assister à un spectacle de Martin Fontaine et j’étais sollicité par des journalistes pour parler d’Elvis… pendant que ma fille venait au monde.»

Heureux de voir que le souvenir du King est toujours présent, Grenier est tout de même surpris de constater l’intérêt que le chanteur suscite auprès de la nouvelle génération. «Des jeunes aiment son œuvre, bien qu’ils n’étaient pas nés au moment de son décès. Même mes enfants (13 ans et 15 ans) s’intéressent de plus en plus à mes objets de collection», se réjouit-il.

«Aussi, il y encore de nombreux personnificateurs de grand talent à travers le monde qui attirent les foules. D’ailleurs, j’ai l’intention de m’occuper de la carrière de Dany Vincent (www.danyvincent.com), qui est l’un des meilleurs au Québec. Il était venu à la Traversée du lac Memphrémagog il y a quelques années, et il avait fait un malheur. »

À défaut de Memphis,ce sera Québec

Jean Millette sera l’un des nombreux fans d’Elvis Presley à assister au spectacle marquant le 40e anniversaire de son décès, ce soir (16 août) au Centre Vidéotron de Québec. C’est toutefois avec un pincement au cœur qu’il assistera à la représentation.

Admirateur du King depuis la première heure, l’homme de 73 ans avait plutôt prévu se rendre à Memphis cette semaine, pour souligner cet anniversaire historique.

Une grave blessure à la jambe (fracture ouverte), subie en juin dernier lors d’une sortie de vélo, a cependant contrecarré ses plans et l’a obligé à revoir ses projets à la baisse. «J’aurais aimé me rendre à Memphis et participer à la veillée aux chandelles, en compagnie de milliers de fans. J’étais là pour le 30e en 2007 et je n’y étais pas retourné depuis. C’est vraiment une grosse déception pour moi», reconnaît le Magogois d’adoption, qui s’attend tout de même à passer une excellente soirée avec Martin Fontaine et l’Orchestre symphonique de Québec.

Même si son intérêt pour Elvis Presley a débuté en 1956, Jean Millette avoue être toujours aussi passionné. En entrant dans sa résidence, bien difficile de manquer les nombreuses photos et le présentoir d’objets à l’effigie du King. «On dirait qu’Elvis est encore vivant. Au fil des ans, ils ont remixé sa musique de plusieurs façons et ça permet aux nouvelles générations de le découvrir», a fait valoir celui qui a eu la chance d’assister à l’un de ses spectacles à Las Vegas, en 1974.

Depuis la mort du légendaire chanteur le 16 août 1977, M. Millette a effectué six voyages – des pèlerinages, devrait-on dire – à Memphis. Il était notamment présent lors des 10e, 15e, 20e, 25e et 30e anniversaires de son décès.

Lors de son dernier séjour au Tennessee, il a fait la file avec près de 100 000 irréductibles pour se recueillir quelques instants sur la tombe de l’artiste. «Il faisait plus de 100 degrés Fahrenheit et plusieurs ont été incommodés par la chaleur. Il y a même une femme qui est tombée tout juste à côté de moi et qui en est finalement décédée», se souvient-il.

«Par contre, qu’on soit fan ou pas, il y a toujours un sentiment indescriptible lorsqu’on participe à la vigile aux chandelles, en soirée. Difficile de ne pas être touché par l’ambiance qui règne sur place.»

Une fille et une moto… pour le King

Sa passion pour le King, Jean Millette la manifeste de plusieurs façons.

Non seulement a-t-il prénommé sa fille Marie-Lisa (en hommage à Lisa Marie Presley, fille d’Elvis), mais il a également investi plusieurs milliers de dollars pour décorer sa moto à l’effigie de son chanteur.

La rutilante Harley-Davidson, qu’il a possédé jusqu’à tout récemment, affichait effectivement plusieurs images du chanteur, ce qui faisait l’envie de nombreux collectionneurs. Il avait même fait confectionner une remorque en forme de guitare.

«J’ai vendu la moto il y a quelques années, mais je n’ai pu m’empêcher d’en acheter une autre. Je l’ai redécorée à la sauce Elvis et je crois qu’elle est encore plus belle que la première. Malheureusement, je devrai attendre que ma jambe soit rétablie avant de pouvoir la conduire à nouveau», se désole-t-il.

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