Rosaire Pomerleau a fait basculer l’opinion publique

Par Patrick Trudeau
Rosaire Pomerleau a fait basculer l’opinion publique
Si la Ville de Magog abonde dans le même sens que le Comité de deuxième glace

ARÉNA. Convaincu de l’importance d’implanter un nouvel aréna avec glace artificielle à Magog, Rosaire Pomerleau a été l’un de ceux qui ont travaillé à rendre le projet plus acceptable aux yeux de la population, il y a plus d’un demi-siècle.

Alors qu’on s’apprête à fêter les 50 ans du vénérable amphithéâtre magogois (les premiers coups de patin y ont été donnés en décembre 1966), M. Pomerleau se rappelle très bien de tout le travail qu’il a mené en coulisses entre les années 1964 à 1966, afin que le projet soit mené à terme.

Cet homme d’affaires bien connu – il possède une entreprise d’aspirateurs centraux depuis 53 ans – avait accepté de présider le comité provisoire de l’aréna, en compagnie de quelques citoyens influents.

«La population avait déjà dit non à trois reprises par le biais d’un référendum. Lorsqu’on a évoqué la possibilité d’un autre référendum pour le règlement d’emprunt, on s’est assuré d’avoir des appuis dans tous les secteurs d’activités, et on a vendu 500 cartes de membres. Seulement quelques citoyens ont exprimé leur désaccord lors d’une assemblée publique», se remémore le Magogois, aujourd’hui âgé de 91 ans.

Commissaire d’école durant une dizaine d’années, Rosaire Pomerleau faisait valoir à l’époque qu’un aréna ne pouvait qu’apporter des effets positifs pour les jeunes. «Nous venions de faire l’agrandissement du gymnase Saint-Patrice, mais je disais aux gens que ça prenait aussi une patinoire intérieure pour occuper les jeunes durant l’hiver», indique celui qui est toujours actif au sein de sa compagnie d’aspirateurs centraux.

Des estrades tout autour de la glace

Habile organisateur, le président du comité provisoire avait fait dessiner des plans par un ingénieur, avant même que le projet ne soit approuvé officiellement. «L’ingénieur n’avait pas le droit de faire ces plans à l’avance, et il a été critiqué par son ordre professionnel. Moi, j’étais bien content, car nous avions un excellent plan entre les mains. Je lui avais demandé de dessiner une patinoire avec des estrades tout autour de la glace, et non seulement sur un côté, car je trouvais ça plus beau et plus pratique», ajoute-t-il.

M. Pomerleau a également milité pour que l’amphithéâtre soit aménagé au Parc de l’Est, même si les avis étaient partagés à cet égard. «Il y avait d’autres endroits qui étaient proposés, mais j’estimais que le site actuel était le plus approprié, puisqu’il n’y avait pas grand-chose dans ce secteur. Ça a certainement eu un effet d’entraînement, puisque nous avons assisté par la suite à l’arrivée de l’église et de l’école Saint-Pie-X», fait-il valoir.

Bien qu’il n’ait jamais été un utilisateur assidu de l’aréna – ses deux fils ne voulaient pas jouer au hockey – , Rosaire Pomerleau est encore aujourd’hui très fier de tout le travail qu’il a accompli avec son comité, au milieu des années 1960. «Au fil des ans, l’aréna a subi quelques améliorations et je trouve qu’il a encore fière allure. Les employés municipaux en prennent bien soin», a-t-il constaté.

Quant à la possibilité de voir s’y greffer un jour une seconde glace, Rosaire Pomerleau émet quelques réserves. «Ce n’est pas impossible, mais je ne serai sûrement plus là pour voir ça», conclut-il avec un sourire.

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