Période de tolérance pour les quadriporteurs

Par Patrick Trudeau

LOI. Les propriétaires de quadriporteurs, tout autant que les automobilistes et les policiers, auront besoin d’un peu de temps pour assimiler la nouvelle loi sur les véhicules de type AMM (aide à la mobilité motorisée).

Ce projet pilote, en vigueur depuis le 1er juin 2015, vient officialiser les règles de conduite pour les utilisateurs de quadriporteurs, triporteurs et autres fauteuils motorisés.

On y indique notamment que les conducteurs doivent se comporter comme des cyclistes s’ils circulent sur la voie routière, mais comme des piétons lorsqu’ils se retrouvent sur un trottoir.

Ils peuvent également rouler sur des routes où la limite de vitesse est supérieure à 50 km/h (à l’exception des autoroutes), mais doivent obligatoirement être sur l’accotement.

Le non-respect de ces règles peut entraîner des amendes variant de 30 à 360 $.

Il faut toutefois s’attendre à une période de tolérance de la part des autorités policières dans l’application de cette loi, du moins pour un certain temps. «On doit prévoir un certain délai pour la sensibilisation et l’acclimatation des usagers. Par contre, si on est témoin d’une infraction grave, il se peut qu’on sévisse du premier coup, sans même un premier avertissement. Tout est une question de bon jugement dans ce dossier», lance le policier Paul Tear de la Régie de police Memphrémagog.

Une rencontre attendue

Quelque 55 propriétaires d’AMM ont assisté à la rencontre annuelle d’information organisée par Han-Quadri et la Régie de police, cet après-midi à Magog. C’est presque cinq fois plus de participants que la rencontre de 2014. «Je suis très content de cette participation. Ça prouve que les utilisateurs veulent connaître la nouvelle réglementation. C’est sûr qu’il y a encore quelques zones grises, mais on va continuer de travailler pour démêler tout ça», assure le porte-parole de Han-Quadri, Jacques Gaudreau, qui a milité au sein d’un comité spécial depuis 2006.

Propriétaire d’un quadriporteur à deux places depuis une dizaine d’années, Roland Landry se retrouve dans une position potentiellement délinquante, puisqu’il est interdit d’être deux passagers sur un AMM.

Triste ironie du sort, l’homme a perdu sa conjointe le 23 mai dernier, de sorte qu’il se retrouve maintenant seul sur sa banquette «hors-norme». «Je pourrais toujours changer le siège afin qu’il soit moins large, mais je vais attendre un peu avant de prendre une décision. Je pense que les policiers vont comprendre ma situation», a laissé entendre l’homme de 79 ans.

«Mon véhicule a la même dimension que les autres; c’est seulement le siège qui est plus large. La seule chose, c’est qu’avec la nouvelle loi, je ne pourrai pas embarquer quelqu’un sur le pouce», a-t-il lancé sur une note d’humour.

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