Martine Pinard entame un combat pour la vie

Par Patrick Trudeau

Aux prises avec de graves problèmes de santé, Martine Pinard a amorcé au cours des dernières semaines un véritable combat pour la vie. Un combat qu’elle mène non seulement pour elle-même, mais aussi pour les centaines d’autres personnes en attente d’une greffe au Québec.

Âgée de 45 ans, Mme Pinard devra recevoir une double greffe cœur-poumons pour espérer un jour reprendre une vie normale.

Celle qui était une femme active, il y a un an à peine, se retrouve maintenant confinée à sa résidence et branchée en permanence à une bonbonne d’oxygène. Le moindre de ses déplacements exige un effort extrême.

Et le plus étonnant, c’est que les médecins n’ont toujours pas trouvé la cause de sa maladie. «Je suis un cas unique, car ma maladie n’a pas de nom. Ce qu’on sait, c’est que mon cœur travaille à moins de 25 % de sa capacité, et que les poumons n’arrivent plus à fonctionner correctement. Au début du mois de septembre, les médecins m’ont confirmé que ma seule chance de retrouver la santé passait par le don d’organes», résume-t-elle avec lucidité.

Après avoir été hospitalisée durant 103 jours entre janvier et juillet 2012 et à la suite de nombreux examens médicaux – souvent contradictoires – , Martine Pinard s’est mise en tête de trouver des réponses à ses questions.

Par un heureux hasard, elle a fait la connaissance de la seule autre Québécoise en attente d’une transplantation cœur-poumons, la Sherbrookoise Sonia Maheu.

Originaire de la région de Memphrémagog et âgée de 43 ans, Mme Maheu attend la précieuse greffe… depuis 10 ans. «Quand j’ai su que Sonia attendait sa greffe depuis toutes ces années, j’ai cessé de me plaindre. Elle est une femme extrêmement positive et elle se voulait la meilleure personne pour m’éclairer dans mes démarches. Grâce à elle, j’ai trouvé un sens à ma maladie et je me suis investie d’une mission: promouvoir le don d’organes au Québec», lance Mme Pinard avec conviction.

«J’avoue qu’il y a quelques années, j’étais moins sensibilisée à la cause. Je signais ma carte de don d’organe, mais presque à reculons. J’ai été davantage conscientisée à la suite de la deuxième transplantation cardiaque de Luc Demers (il y a quelques années). Un don d’organes, ce n’est pas un médicament pour soulager, ça permet de vivre», plaide-t-elle.

«La plupart des gens qui n’ont pas signé leur autorisation pour le don d’organes (derrière la carte d’assurance-maladie) ont des idées préconçues. On ne prélève pas des organes sur des gens vivants; ça prend vraiment une mort cérébrale», tient à préciser Sonia Maheu.

Souper bénéfice le 6 octobre.

Dans la foulée du travail effectué par Sonia Maheu et d’autres bénévoles, Martine Pinard a décidé de donner un coup de main à la Société Pose un Geste (don d’organes et de tissus) dans l’organisation d’un souper-bénéfice, ce samedi 6 octobre (17 h 30) au sous-sol de l’église St-Jean-Bosco.

Ce souper spaghetti, qui sera agrémenté d’un encan silencieux, en sera à une troisième édition. Le coût d’entrée est de 15 $ pour les adultes et 6 $ pour les 6 à 12 ans. On peut réserver en composant le 819 620-5334.

De son côté, Martine Pinard a réussi à écouler elle-même des dizaines de billets grâce à quelques coups de téléphone et messages sur Facebook. «Les gens n’ont pas hésité à m’encourager. Je me sens privilégiée, car je suis très bien entourée, autant par ma famille que par mes amis. J’ai traversé des périodes très difficiles, mais maintenant, je n’ai plus envie de pleurer: j’ai seulement le goût de me battre», conclut-elle courageusement.

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