La riche culture haïtienne racontée par Michel Meyniel

Par Vincent Cliche
La riche culture haïtienne racontée par Michel Meyniel
Ex-président du Musée international d'art naïf de Magog

Michel Meyniel a découvert la culture haïtienne à travers le Musée international d’art naïf de Magog, une institution qu’il a dirigée pendant quatre ans (2004-2008). Hier soir (3 mars), il est revenu aux sources et a livré un témoignage sur la richesse des toiles, mais aussi sur la persévérance de ce peuple, qui se relève tranquillement du terrible séisme de janvier 2010.

«Les Haïtiens sont un peuple de peintres, lance M. Meyniel. Il est vrai que la plupart de ces gens sont analphabètes, mais ils utilisent leurs talents artistiques pour dépeindre des scènes de la vie quotidienne. C’est un peu de cette façon qu’ils réussissent à communiquer. De plus, ils ne l’ont jamais appris non plus. On ne voit que ça en Haïti.»

Cette richesse se traduit par une école de peinture bien particulière, pense l’ex-directeur du Musée. «Quand on aperçoit un tableau haïtien, on sait tout de suite qu’il s’agit d’une peinture de cette nationalité. La plupart des œuvres exposées sont des représentations de ce que ces habitants voient tous les jours. Quand on aperçoit des combats de coqs, de grands marchés ou bien des rituels vaudous, ça se passe vraiment là-bas.»

Michel Meyniel possède également quelques racines du pays pour y avoir effectué des missions humanitaires avec l’organisme Action Haïti. Il était même présent lors de la terrible tragédie d’il y a un an. «C’était une vision d’apocalypse, se rappelle-t-il. Tout autour, c’était la dévastation, les maisons s’écroulaient, les gens criaient à l’aide pour leurs amis ou parents décédés. J’avais un grand sentiment d’impuissance face au tremblement de terre qui venait de se passer.» Malgré tout, une passion a uni les sinistrés depuis le séisme, celle de l’art. «Ç’a aidé beaucoup, croit Michel Meyniel, qui est retourné dans ce pays à quelques reprises depuis janvier 2010. Ça leur a permis d’exprimer leurs émotions face à tout ça.»

Et pour les gens qui se demandent pourquoi la reconstruction est si longue, M. Meyniel n’a qu’une seule chose à leur répondre. «La capitale a été rasée, complètement détruite. Avant de reconstruire, il faut détruire une fois de plus, puis nettoyer. Ça prend du temps. Pour le moment, l’argent sert à amener des victuailles et de l’eau potable aux gens dans les camps. C’est un très grand pas.»

L’exposition «La culture est toujours vivante en Haïti» peut être vue au Musée international d’art naïf de Magog jusqu’au 1er avril prochain.

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