La réduction de la protection de la bande riveraine soulève les passions à Orford

Par Vincent Cliche
La réduction de la protection de la bande riveraine soulève les passions à Orford
Les citoyens du Canton d'Orford devront éviter de contrôler la végétation sur une bande riveraine de cinq mètres. La règlementation précédente notait cette interdiction à dix mètres. (photo: courtoisie Municipalité du Canton d'Orford)

La Municipalité du Canton d’Orford a franchi un pas de plus dans l’adoption de son règlement (#800-16) visant à diminuer la protection de la bande riveraine des cours d’eau de son territoire, de 10 m à 5 m. Lors d’une assemblée de consultation pour le moins mouvementée tenue ce soir (27 juin), les élus orferois ont fait face à la critique de nombreux citoyens. Néanmoins, ceux-ci espèrent adopter la réglementation, que plusieurs opposants qualifient de «pas en arrière», lors de la séance du 4 juillet prochain.

En début d’assemblée, le maire Pierre Bastien a mis cartes sur table rapidement. «Ceci n’est pas un lieu de négociations avec le conseil, mais bien un lieu d’échange d’informations afin de permettre aux deux partis présents de mieux comprendre de quoi il s’agit.» Ce qui a été permis d’apprendre est relativement simple. À l’exception des ouvrages et des travaux autorisés sur la rive, toute intervention de contrôle de la végétation, y compris la tonte de gazon et le débroussaillage, est interdite sur une bande d’une profondeur minimale de cinq mètres, mesurée à partir de la ligne des hautes eaux, lorsque la pente moyenne mesurée dans la rive est inférieure à 30 %. Cette interdiction est portée à 7,5 mètres lorsque la pente moyenne mesurée dans la rive est supérieure à 30 %. Auparavant, les mesures étaient de 10 mètres et de 15 mètres, respectivement.

Cette réduction de 50 % est considérée comme un pas en arrière pour la plupart des opposants au projet de règlement. «En matière d’environnement, on régresse, tout simplement, se désole l’ancien maire du Canton d’Orford, Pierre Rodier (son administration avait d’ailleurs implanté la règlementation du 10 m). C’est d’un illogisme d’aller à contre-courant de ce qui se fait partout ailleurs.»

En assemblée, le premier magistrat a défendu son règlement en affirmant qu’il s’agissait d’une promesse électorale. «Nous avons promis, nous livrons», a-t-il martelé à de nombreuses reprises. Lorsque Le Reflet du Lac lui demande de préciser sa pensée, il ajoute que sa municipalité ne fait que s’enligner sur la politique de la MRC de Memphrémagog. «On ajoute même des éléments pour le respect de l’environnement, comme le renforcement de la barrière de plantation, notamment par le choix de plantes qui ont un plus grand pouvoir de filtration.»

Certes, la MRC a adopté la règlementation de la bande riveraine à 5 mètres, mais elle songe à la pousser à 10 mètres d’ici 2013. «Si elle en décide ainsi, il est certain que nous nous convertirons à cette loi», précise M. Bastien.

Le débat entourant cette question a mené à des échanges fort musclés entre les citoyens et les élus. Après quelque 90 minutes, le maire Pierre Bastien a décidé de lever l’assemblée, à la déception de plusieurs citoyens qui voulaient toujours s’exprimer sur le sujet. «Le but d’une assemblée de consultation est de prendre le pouls de la population, insiste Pierre Rodier. La majorité présente était en désaccord. À ce que je sache, aucun amendement n’a été apporté à la loi. Je trouve ça déplorable. En agissant ainsi, on envoie un bien mauvais signal aux citoyens.»

Tel que mentionné plus haut, le règlement #800-16 sera vraisemblablement adopté lors de la séance du 4 juillet prochain. Son entrée en vigueur devrait se faire en août, quelques semaines après avoir obtenu l’avis de conformité de la MRC de Memphrémagog.

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