Des religieuses centenaires

Par Dany Jacques

Les religieuses de la communauté des Filles de la Charité du Sacré-Coeur de Jésus, qui célèbre leur centenaire à Magog en 2007, ont marqué la vie magogoise à plusieurs niveaux.

On leur doit la création de la Crèche de Magog, un établissement qui allait devenir l’hôpital La Providence, en plus d’avoir enseigné à plusieurs générations de Magogois. Trois de ses membres sont d’ailleurs largement connues et reconnues comme de grandes bénévoles dans la communauté, soit Sœur Hélène (hôpital et Accueil Notre-Dame), Sœur Bertha Valade (Carrefour du partage) et Sœur Saint-Gérard (Harmonie Notre-Dame).

Comme un grain de blé tombé en terre

Le curé de l’époque de la paroisse Saint-Patrice, Charles-Édouard Millette, cherchait un lieu où les mères de famille pauvre pourraient déposer leurs petits enfants en se rendant à leur travail à l’usine de la Dominion Textile. Il demanda aux soeurs françaises, établies à Newport, de prendre en main la Crèche de Magog. C’est à Mgr David Ramsay que revient l’honneur de son financement. Le 1er octobre 1907, Soeur Saint-Didier avec quatre compagnes, les soeurs Marie-Clémence, Appoline, Françoise des Cinq-Plaies et Anne vinrent prendre la direction de la crèche qui ne fut jamais un refuge pour bébés, mais plutôt un asile et un orphelinat étant donné l’exiguïté des lieux. Une maison voisine, dite maison Gaudreau (que les soeurs nommeront Maison Saint-Joseph), servit d’annexe à la Crèche pour recevoir les enfants. L’évêque de Sherbrooke, Mgr Paul Larocque, en acceptant les Filles de la Charité du Sacré-Coeur de Jésus dans son diocèse, avait laissé entendre à Soeur Marie-Alexandrine que la Crèche de Magog ne serait pas la seule maison des Filles de la Charité du Sacré-Coeur de Jésus dans son diocèse. Aussi, leur offre-t-il, en 1909, de prendre la direction du couvent de Magog, aujourd’hui le Centre communautaire de Magog. Ce couvent était dirigé depuis vingt-cinq ans par des soeurs de Sainte-Croix, des religieuses dont l’oeuvre unique était l’enseignement. Pour divers motifs, l’évêque voulait confier le couvent et la crèche à une même congrégation. L’offre était belle, mais la tâche délicate. Comment remplacer des religieuses qui étaient aimées des enfants et des parents? Courageusement, neuf Filles de la Charité (les soeurs Léonie, supérieure, Marie-Clémence, Clément-Marie, Madeleine de Pazzi, Marie-Angèle, Saint-Hilarion, René de Saint-Maurille, Pierre-Fourrier et Marie de Bétharram) relevèrent, non sans souffrance, cet immense défi. Le centenaire de ce premier lieu d’insertion au Canada sera commémoré lors d’une célébration eucharistique animée par Mgr André Tardif en l’église Saint-Patrice de Magog, le dimanche 30 septembre, à 11 h 30. Suivront un cocktail, un diaporama historique ainsi qu’une exposition préparée par les Sœurs Anita et Cécile Allard. Cette communauté religieuse est présente aujourd’hui dans neuf pays, ce qui représente environ 1500 religieuses. Elles sont 300 au Québec, mais elles ont atteint un sommet de 700 dans la décennie 1950-1960, dont 150 Magogoises en 1958.

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