Déjà 50 chandelles pour l’aréna de Magog

Par superadmin
Déjà 50 chandelles pour l’aréna de Magog
L’aréna «de tôle» de la rue Sherbrooke est condamné par les inspecteurs d'assurance en 1963.

La condamnation de l’aréna « de tôle » de la rue Sherbrooke par les inspecteurs d’assurance, en 1963, prive les Magogois d’une patinoire couverte pour la première fois depuis 1934. Ils réclament une action rapide des élus, pendant que des hockeyeurs locaux doivent aller à l’extérieur pour pratiquer leur sport préféré.

Ce n’est pas d’hier que les Magogois rêvent d’un aréna moderne avec glace artificielle. En janvier 1950, des ambitieux demandent même au conseil d’allouer 300 000 $ à un projet de Centre civique comprenant une patinoire, une piscine, un gymnase, une bibliothèque et un restaurant.

Un projet d’aréna plus modeste, au coût maximal de 175 000 $, est approuvé par référendum en septembre 1959. L’année suivante, une consultation populaire révèle que les propriétaires souhaitent le voir bâti sur la rue Saint-Luc, près du garage municipal, plutôt que sur le chemin de Montréal ou dans le quartier Michigan, autres emplacements suggérés par la proposition.

Cependant, lors d’un autre référendum tenu les 6 et 7 novembre 1962, les propriétaires refusent d’appuyer le règlement 418 adopté par les élus sous le maire Ernest Simard. Sur les 822 contribuables qui votent, un record, 657 s’opposent au gonflement de l’emprunt proposé à 400 000 $. C’est l’impasse.

Un Comité provisoire de l’aréna, présidé par Rosaire Pomerleau, maintient la pression. Sous l’administration du maire Gérard Laurendeau (1964-1966), une nouvelle proposition d’emprunt de 400 000 $ est acceptée en mars 1966. C’est beaucoup d’argent en peu de temps si l’on considère que les Magogois ont accepté par référendum, le 19 juillet 1965, un emprunt encore plus important pour la construction d’un hôtel de ville.

Les travaux sont menés à terme avant la fin de 1966 dans le quartier Michigan, dans l’est de la ville. Un stade de balle-molle a d’ailleurs déjà été aménagé à proximité, sur un terrain qui appartenait jadis à la Dominion Textile. Des activités se déroulent dans le nouvel aréna dès décembre 1966, alors que la cérémonie d’ouverture a lieu le 4 mars 1967. Des commerçants locaux s’impliquent afin de le doter d’un tableau indicateur, d’une surfaceuse, etc.

Environ 1 500 personnes peuvent y prendre place pour assister à une joute de hockey ou de crosse, un peu plus pour la lutte, la boxe ou des spectacles. L’aréna devient un point de ralliement pour la communauté magogoise qui assiste notamment aux parties de hockey des Comets de la Ligue intermédiaire C, champions des séries de fin de saison le 2 avril 1967 contre Cowansville.

Il y aura aussi foule pour voir le Grand Antonio, la lutte professionnelle, le bingo, le cirque, un spectacle du groupe Les Sultans, et, en juillet 1967, assister à la première du Festival des pompiers et policiers de Magog qui réunit des vedettes du monde artistique.

De septembre à avril, le cœur de l’aréna bat au rythme du hockey. Des équipes d’élite, comme les Comets et les As junior, évoluent dans des circuits régionaux. Il y a aussi les ligues pour adultes qui, pour 20 $ l’heure, peuvent profiter de la nouvelle glace artificielle. Sans compter la jeune génération de hockeyeurs magogois qui se développe à l’intérieur d’une structure de hockey mineur soutenue par une armée de bénévoles. Bénévoles qui sont également à l’origine du club de patinage artistique Les Libellules ainsi que du Tournoi atome-pee-wee de Magog, une fête annuelle du hockey qui voit le jour en 1974.

L’été, la surface glacée fait place au plancher de crosse sur lequel évoluent les Éperviers, puis les Aramis.

Depuis 1979, l’aréna de Magog est également le domicile des Cantonniers de la ligue de développement midget AAA du Québec. Leurs parties locales donnent l’occasion au bouillant public magogois d’exprimer sa ferveur, une caractéristique qui fait autant partie de l’identité de l’aréna que les murs qui l’entourent et les fondations qui le soutiennent depuis maintenant 50 ans.

Serge Gaudreau

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