Un policier écope de cinq jours de suspension sans salaire

JUSTICE. Ayant été reconnu responsable par le Tribunal administratif de déontologie policière d’avoir manqué de respect et de politesse à l’égard d’une citoyenne lors d’une intervention de routine remontant à 2020, le policier de la Régie de police de Memphrémagog (RPM), Philippe Savage, écope d’une suspension sans traitement de cinq jours.

C’est la juge Sylvie Séguin qui a rendu cette décision le 6 août dernier, après avoir entendu les représentations sur sanction quelques mois auparavant. Dans son jugement, la magistrate mentionne que le policier “n’a pas su préserver la confiance et la considération que requiert l’exercice de la fonction policière” lorsqu’il a intercepté une conductrice âgée, qui aurait omis d’effectuer un arrêt obligatoire.

En plus d’avoir tenu des propos impolis à l’égard de la septuagénaire, l’agent de la paix  a porté atteinte à la réputation de la conductrice, selon le Tribunal, en décrivant la femme comme une personne “déplaisante et déconnectée de son environnement”, dans le rapport d’infraction.

On lui reproche également d’avoir formulé une demande d’évaluation d’aptitude à la conduite auprès de la SAAQ, à la suite de l’interception, avec des déclarations non supporté par des “observations objectives”, obligeant la conductrice à traverser un processus laborieux pour conserver son permis de conduire.

Pour justifier sa sanction de cinq jours, la juge Séguin tient compte notamment du fait que Philippe Savage occupait une fonction supérieure au moment des faits, c’est-à-dire celui de sergent. De plus, le principal intéressé compte deux antécédents à son dossier déontologie, pour des événements remontant à 2020 et 2004. Qui plus est, le Tribunal évalue le risque de récidive de Savage comme étant de moyen à élevé.

“L’atteinte à l’image, à la réputation et à la dignité d’une personne touche à des valeurs fondamentales qui appellent en tout temps le plus grand respect. Il y a lieu de rappeler que cette simple interception a porté de sérieuses conséquences pour madame […] et l’a placée dans un état de stress et d’anxiété, elle qui pendant plusieurs semaines a craint de perdre son autonomie”, lit-on dans le jugement.

Rappelons que le policier avait été blâmé dans cette affaire en novembre 2024, après cinq journées d’audience. Il faut aussi préciser que Philippe Savage ne porte plus aujourd’hui le grade de sergent de relève à la RPM, où il travaille depuis la fin des années 1990.

Invité à commenter le dossier, le directeur de la RPM, Mario Leblanc, soutient que son organisation respecte et applique les décisions découlant du Tribunal administratif de déontologie policière.