Moins de crimes sexuels, mais plus de violence conjugale sur le territoire de la RPM

INTERVENTION.  Même si les crimes à caractère sexuel sont en baisse importante sur son territoire, la Régie de police Memphrémagog (RPM) a conclu son année 2023 avec davantage de crimes contre la personne, attribuables principalement à des interventions en matière de violence conjugale. 

Selon les données du rapport annuel de la RPM, on constate que le nombre de crimes contre la personne est en hausse d’environ 8% en 2023, pour un total de 336 dossiers. Il s’agit par exemple de voies de fait, d’agression armée avec lésion, de harcèlement criminel ou encore d’avoir proféré des menaces. Ces deux derniers crimes sont principalement rattachés à des dossiers en violence conjugale, selon le directeur Mario Leblanc. 

La théorie des petits pas

Ce dernier soutient que son service adopte une approche différente de celle des dernières années, plus adaptée à la réalité d’aujourd’hui. «Auparavant, lorsque nos policiers intervenaient dans un couple aux prises avec de la violence, ils essayaient beaucoup de convaincre la victime de dénoncer en portant plainte. Il y avait une certaine forme de pression, qui était bien intentionnée. Mais au fil du temps, on a réalisé que ce n’était pas la meilleure façon d’agir», explique Mario Leblanc.

Il ajoute que maintenant, les agents de la paix s’adaptent beaucoup plus au rythme des victimes, en optant davantage vers l’écoute et la disponibilité plutôt que la recherche d’un dénouement rapide. «Les victimes de violence conjugale, qu’elles soient des femmes ou des hommes, sont des gens comme vous et moi. Elles finissent par se retrouver dans cette situation complexe pour des raisons que l’on ne voit pas de l’extérieur et même, qu’on ne peut pas comprendre. Il peut s’agir d’enjeux financiers ou familiaux qui les empêchent d’agir rapidement, dans le moment présent. On ne veut pas leur mettre de la pression, mais plutôt prôner la théorie des petits pas en respectant leur propre vitesse.»

Aucune tolérance envers la violence

L’an dernier, ce sont 134 dossiers en matière de violence conjugale qui ont été traités par la RPM. Si certains se sont limités à des visites sur le terrain, d’autres se sont conclus par des arrestations en bonne et due forme. «Quand nos policiers constatent, à la suite d’un appel 911, un signe de violence sur une personne, ils procèdent à l’arrestation du suspect automatiquement, qu’il y ait une plainte ou non de la victime. Pour nous, dès qu’il y a des éléments criminels, nous agissons et ensuite, ce sera au DPCP de déterminer si des accusations seront portées», fait savoir le grand patron.

Par ailleurs, pour 2023, la Régie de police de Memphrémagog a été moins sollicitée en ce qui concerne des délits en matière de violence sexuelle. Par exemple, les cas d’agressions sexuelles ont diminué de 26% comparativement à l’année précédente, pour un total de 33 dossiers. La distribution d’images intimes sans consentement, qui était un fléau dans les dernières années, est également en forte diminution, aux dires du directeur Leblanc. «Lors du mouvement #Metoo, on avait assisté à une hausse importante des dénonciations. Ça ne voulait pas dire nécessairement qu’il y avait plus de crimes, mais les gens étaient plus à l’aise de s’exprimer et nos chiffres avaient grimpé en flèche. Maintenant, on retrouve une certaine normalité et j’ose croire aussi que tout notre travail de sensibilisation donne des résultats», conclut-il.