Magog imposera les logements sociaux sur la rue Desjardins
HABITATION. Dans une salle sous haute tension et remplie à pleine capacité, les élus de Magog ont tranché dans le dossier des 18 logements sociaux projetés sur la rue Desjardins, lundi soir. Ils iront de l’avant avec le projet dès cet automne en recourant à la Loi spéciale 31, empêchant aux opposants toute forme de blocage dans le processus réglementaire.
La nouvelle annoncée en toute fin de séance a été accueillie sous d’intenses huées, qui ont nécessité l’intervention de la mairesse Nathalie Pelletier à plus d’une reprise pour demander le respect du décorum. La Municipalité avait d’ailleurs préparé une présentation afin d’expliquer les arguments qui ont mené un nombre majoritaire d’élus à appuyer cette construction, projetée sur une partie d’un boisé.
Seuls Josée Beaudoin et Jean-Noël Leduc ont fait connaître leur désaccord quant à cette issue. La première a soutenu que le nombre de logements projetés dépasse le seuil de ce qui est raisonnable, en plus de se dire inquiète sur les effets potentiels sur le bassin versant du lac Memphrémagog. Le second a été encore plus critique, estimant que la destruction de ce boisé est “incompréhensible”. Il aussi qualifié la Loi 31 “d’antidémocratique”.
Cette dernière, qui a été adoptée en 2024 par le gouvernement du Québec afin de répondre à la crise du logement, permet aux municipalités de plus de 10 000 habitants d’autoriser certains projets d’habitation sans la tenue d’un registre et ultimement, d’un référendum.
La Ville de Magog avait eu recours pour la première fois à ce pouvoir exceptionnel au printemps 2024, dans le projet résidentiel Les Jardins de la Falaise sur la rue du Sergent-Arthur-Boucher.
Si tout se déroule comme prévu, les changements réglementaires nécessaires pour la réalisation des logements sociaux seront complétés d’ici novembre, avant la tenue des prochaines élections municipales. La construction pilotée par l’organisme à but non lucratif de Sherbrooke, Habitations l’Équerre, débuterait à l’été 2026 pour se terminer au printemps suivant.
«Il n’y a eu aucune improvisation»
Pour la mairesse Nathalie Pelletier, ce projet répond à un besoin collectif et urgent, alors que le manque de logements abordables est décrié sur la place publique depuis plusieurs années.
À son avis, les bénéfices seront beaucoup plus grands que les impacts soulevés par les opposants. “La Ville n’a pas d’autres terrains à l’heure actuelle qui pourraient accueillir ce projet. Donc, si on le veut, c’est là ou rien. Je comprends que les voisins n’en veulent pas. Mais nous les avons écoutés, répondu à leurs questions et tout fait pour que le bâtiment s’intègre bien à son milieu. Il n’y a eu aucune improvisation. Mais écouter, ça ne veut pas nécessairement dire de céder à la pression. Six élus sur huit y croient et je pense que c’est assez représentatif de l’opinion dans la population”, conclut la première magistrate.
