Le ministère de l’Environnement confirme l’illégalité du golf privé à Austin

ENVIRONNEMENT. Après une inspection du terrain de golf en construction à Austin, le ministère de l’Environnement du Québec conclut que les propriétaires ont illégalement détruit un milieu humide et déboisé 2,5 hectares d’une tourbière.

Un avis de non-conformité a été acheminé à Glenn Chamandy (PDG de la multinationale Gildan) et à sa conjointe Amel Murad, mercredi dernier (27 août). Selon le ministère, ils ont notamment effectué des interventions dans des milieux humides et hydriques sans autorisation à l’automne 2024, ce qui contrevient à la Loi sur la qualité de l’environnement.

Plus précisément, Québec leur reproche d’avoir fait du déboisement, des travaux d’excavation et le remaniement des sols pour creuser un lac artificiel dans une tourbière boisée.

Les propriétaires ont aussi contrevenu à la loi en modifiant le tracé, effectué de l’enrochement, détruit la végétation en rives et recouvert de paillis les rives d’un cours d’eau qui se jette dans le lac Memphrémagog.

Le directeur régional du contrôle environnemental de l’Estrie, Sylvain Roy, ajoute que le ministère de l’Environnement impose un arrêt des travaux dans les zones concernées, la production d’un plan correcteur pour revégétaliser et le retour dans son état naturel de la superficie touchée.

Étant donné la gravité des gestes, le dossier a été transmis au Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) pour la suite des démarches juridiques. Le DPCP examinera le dossier et déterminera si des accusations seront déposées. “Le ministère a tous les outils en main pour effectuer un suivi rigoureux et vérifier les travaux correcteurs, assure Sylvain Roy. Il n’y a aucun chantier en cours actuellement en milieu humide.”

Présidente de Memphrémagog Conservation Inc., Johanne Lavoie applaudit la décision du ministère de l’Environnement, même si son groupe environnemental a alerté la population dès le 8 août dernier. “C’est une bonne nouvelle, car il ne se passait pas grand-chose du côté des autorités depuis quelques semaines, tandis que les travaux semblaient se poursuivre sur le terrain”, affirme-t-elle.

Mme Lavoie invite les gens à participer à une mobilisation citoyenne qui se tiendra lors de la séance publique du conseil municipal d’Austin, mardi prochain (2 septembre), à 19 h. “De nombreuses questions seront posées pour faire la lumière sur cette affaire, ajoute-t-elle. C’est au tour de la Municipalité d’Austin d’agir, car les dommages au lac et à l’environnement sont gigantesques.”

Rappelons que la Commission de protection du territoire agricole du Québec (CPTAQ) a aussi ordonné un arrêt des travaux et la remise du terrain dans son état original, au début du mois d’août. On reprochait aux propriétaires des usages autres qu’à des fins agricoles dans une zone agricole, des travaux sur 4,5 hectares, des érables coupés dans une érablière protégée et une coupe à blanc d’environ un hectare dans une érablière.