Fini la lune de miel entre Magog et les cadenas de l’amour

POINTE MERRY. Symbolisant un lien affectif entre des personnes, les cadenas de l’amour faisaient partie du décor de la pointe Merry depuis plusieurs années. Toutefois, la Ville de Magog a été contrainte de les retirer pour des raisons de sécurité, ce qui a grandement déçu certains citoyens.

Colette Mailhot fréquente le parc de la Baie-de-Magog depuis déjà quelques années. Avec plusieurs connaissances, elle avait l’habitude de s’arrêter au bout de la pointe Merry afin de regarder attentivement les souvenirs accrochés sur la clôture, donnant sur le lac Memphrémagog.

On y trouvait quelques dizaines de cadenas, de différentes formes, sur lesquels des gens avaient pris le temps de graver leurs noms ou encore leurs initiales, ainsi que la date de leur passage.

Pour Mme Mailhot, ces cadenas étaient pratiquement devenus une attraction en soi. “On est plusieurs Magogois qui avaient l’habitude d’aller voir ces créations. Certains avaient mis beaucoup de coeur et de temps pour créer quelque chose de beau. On voyait des grands-parents avec leurs petits-enfants venir en accrocher et des gens venus d’ailleurs. J’ai même une amie qui avait peint un cadenas tout en bleu, à la mémoire de son mari décédé”, raconte Colette Mailhot.

C’est donc avec beaucoup de stupéfaction et d’incompréhension que la Magogoise a réalisé, lors d’une récente balade, que ces objets métalliques avaient disparu du jour au lendemain.

Des souvenirs datant parfois de plus d’une décennie qui se sont alors envolés, sans avertissement. “Quand j’ai vu que les cadenas avaient disparu, j’étais vraiment triste et fâchée. Je ne pouvais pas croire que la Ville n’avait pas des choses plus importantes à faire que de couper des cadenas, auxquels les gens étaient attachés. C’était une petite activité peu coûteuse qui ne faisait pas de mal à personne.”

Des cadenas de l’amour remontant à plusieurs années ont été retirés par la Ville de Magog à la fin de l’été 2024. (Photo Le Reflet du Lac – Archives/Pierre-Olivier Girard)

Des cadenas au “lourd” passé

Directrice des communications, technologies et services aux citoyens à la Ville de Magog, Claudia Fortin explique que par leur nombre, les cadenas ont endommagé de façon prématurée certaines sections clôturées du parc.

C’est pourquoi ils ont été retirés à la fin de l’été 2024. “Nos équipes ont constaté que le poids des cadenas créait une pression importante aux ancrages des clôtures. On a donc dû faire plusieurs réparations étant donné qu’il y avait un risque de bris et ultimement, qu’une personne tombe à l’eau. C’était une décision très opérationnelle”, soutient Mme Fortin.

Cette dernière mentionne que le poids total des cadenas, une fois retirés des infrastructures publiques, se chiffrait à 80 kilos. “D’autres villes, comme Paris et Brooklyn, ont dû faire la même chose pour des raisons similaires. On comprend qu’il y a un attachement et que c’est très symbolique, mais quand un bien public finit par être brisé, c’est notre travail d’intervenir et d’éviter que ça se reproduise.”

Reste à voir maintenant si Magog ira plus loin pour inciter les amants à «sceller» leur histoire ailleurs qu’à la pointe Merry, puisque de nouveaux cadenas ont déjà fait discrètement leur apparition depuis. Comme quoi, l’amour risque peut-être d’être plus fort que tout dans cette histoire.