Encore des obstacles à franchir pour accéder à l’hôtel de ville
MOBILITÉ. Une mauvaise surprise attendait Marc-Olivier Savard à l’hôtel de ville de Magog, le 19 juin dernier. L’absence d’un ascenseur l’a empêché de participer à une séance d’information offerte dans la salle du conseil située au premier étage.
Le jeune homme atteint de paralysie cérébrale depuis sa naissance est renversé. Déjà qu’un déplacement à partir de la maison est plus compliqué que pour une personne sur deux jambes, il se réjouissait d’utiliser son fauteuil électrique et la rampe d’accès menant à l’intérieur du bâtiment.
Cependant, la porte était verrouillée et la sonnette d’assistance était défectueuse. Quelqu’un l’a heureusement aperçu pour le faire entrer. Il n’était toutefois pas au bout de ses peines lorsqu’il a vu l’obstacle que représentent les deux escaliers conduisant à la salle du conseil. L’absence d’ascenseur l’a abasourdi.
Le Magogois tient à souligner la bienveillance des gens venus à se rescousse. Il a pu parler à des employés municipaux et aux promoteurs immobiliers des 18 logements communautaires projetés sur la rue Desjardins, mais en bas des escaliers.
Sans partir en guerre, il s’offre de collaborer à l’aménagement d’un ascenseur. Il propose aussi aux élus de choisir un autre emplacement pour des consultations citoyennes, surtout si les sujets abordés concernent des personnes à mobilité réduite ou vieillissantes. Selon lui, il aurait été simple de tenir une rencontre similaire au centre communautaire ou à la bibliothèque, là où la facilité d’accès est universelle.
“Je désirais m’exprimer sur un enjeu qui me préoccupe, en l’occurrence l’accessibilité à un toit dans un contexte de crise de logement, explique M. Savard. Je suis resté profondément étonné que l’accessibilité du lieu n’ait pas été prise en compte dans l’organisation d’un événement visant justement à discuter d’un projet destiné à des personnes en situation de handicap.”
“Il ne s’agit pas ici d’un simple oubli logistique, poursuit-il, en souhaitant éveiller les consciences. Ce type de situation reflète un enjeu plus large : celui de l’exclusion systémique que vivent de nombreuses personnes handicapées lorsqu’il s’agit de participer activement à la vie communautaire.”
EN MODE PAUSE DEPUIS BELLE LURETTE
Marc-Olivier Savard est estomaqué d’apprendre que le dossier de modernisation et de la mise aux normes de l’hôtel de ville fait du surplace depuis plusieurs années.
Un autre Magogois en fauteuil roulant, Carl Marquis, avait dénoncé l’inaccessibilité de l’hôtel de ville aux gens à mobilité réduite, en 2017! Il souhaitait alors contester un billet d’infraction au premier étage.
La réfection de la mairie est bousculée par d’autres projets depuis plusieurs années. Les élus songent depuis longtemps à moderniser et à mettre aux normes ce bâtiment. Des études ont été faites, puis tablettées. Les priorités ont été accordées à d’importants travaux comme l’amélioration du centre-ville, la caserne de pompiers, le détournement des eaux usées d’Omerville et bientôt l’aréna à deux glaces à La Ruche.
Ailleurs en ville, Marc-Olivier Savard souligne l’effort palpable pour améliorer l’autonomie des gens à mobilité réduite. Toutefois, les boutons-poussoirs de certains lieux publics sont parfois hors fonction. Quelques commerces demeurent inacessibles en fauteuil roulant. Le transport collectif serait à bonifier, à ses yeux, plutôt que de diminuer les heures faute de budget.
