De l’Arctique à l’Afrique: soif d’aventure pour une infirmière de Magog
HUMANITAIRE. Guylaine Leduc a l’habitude des voyages puisqu’elle fait du ” fly-in/fly-out” pour son travail d’infirmière auprès d’une compagnie minière située dans le Grand Nord depuis près de quinze ans. Arrivant en fin de carrière, la résidente de Magog s’apprête à changer complètement d’environnement afin d’offrir des soins à une population qui en a bien besoin.
Voyant sa retraite approcher, l’infirmière cherchait un projet qui lui permettrait de faire œuvre utile tout en vivant quelque chose de différent. Le souvenir impérissable d’un voyage humanitaire effectué au Niger alors qu’elle étudiait à l’Université de Sherbrooke, lui a donné l’idée de se tourner vers ce type d’engagement.
« Je m’étais dit que je retournerais faire quelque chose d’humanitaire plus tard; soit de la coopération internationale, peut-être avec Médecins sans frontières. Je ne savais pas à quel moment ça serait possible. Donc je me suis mise à réfléchir aux différentes possibilités correspondant à mon métier », relate Mme Leduc.
Ayant une licence de Transports Canada pour travailler sur les bateaux, le femme de 61 ans a dirigé ses recherches vers des opportunités avec ces critères. Bien que plusieurs organisations connues avaient des propositions intéressantes, une ONG américaine offrant des services de santé s’est démarquée.
REDONNER D’UNE AUTRE FAÇON
Depuis 1978, Mercy Ships utilise des navires-hôpitaux et des équipages internationaux afin d’apporter une aide médicale de pointe à certains des pays les plus pauvres de la planète, particulièrement en Afrique. En complément, des programmes de développement à long terme y sont élaborés avec les populations locales. Tous des éléments qui ont séduit la Magogoise.
Guylaine Leduc a donc entrepris de longues démarches, la COVID aidant, pour obtenir un poste à bord de l’un des deux vaisseaux de la flotte. Son expérience, son savoir-faire et le fait d’être francophone (le français étant une langue officielle dans plusieurs pays du continent africain), ont été des avantages non négligeables pour sa candidature.
Après plusieurs étapes de vérification et d’échanges avec l’ONG, elle deviendra la première Québécoise à occuper le poste d’infirmière d’équipage du Africa Mercy pour une période d’un an.
« En tant qu’infirmière d’équipage, je vais m’occuper des volontaires qui viennent à bord; on veut les garder en santé pour qu’à leur tour, ils puissent donner des soins de qualité à la population. C’est donc un rôle important et qui n’est pas facile à combler puisqu’il faut être généraliste et à faire face à toutes sortes de maladies comme la malaria, qui sera une première pour moi, car disons que ce n’était pas très courant en Arctique! », ajoute-t-elle en riant.
Il ne lui reste que quelques semaines avant de plier bagage et de s’envoler le 31 janvier pour l’Afrique du sud, où le navire est amarré. Elle pourra alors rencontrer ses nouveaux collègues et prendre du temps pour s’acclimater à la vie à bord de l’ancien traversier, maintenant convertit en hôpital.
À bord du Africa Mercy, Guylaine Leduc aura la responsabilité d’offrir des soins à l’ensemble des 350 membres d’équipage. Elle est la première Québécoise à occuper ce poste. (Photo gracieuseté – Daniel Robin)
GARDER LE CAP SUR SES VALEURS
Mais qu’est-ce qui pousse Guylaine Leduc à se déplacer si loin pour aider son prochain?
« De redonner et oui, d’utiliser mes compétences pour autre chose. Ça rejoint mes valeurs; c’est très humain et le mot mercy veut dire compassion, ce qui me rejoint complètement. Je trouve que c’est une belle boucle que de terminer sa carrière en donnant », indique Mme Leduc.
Début février, l’infirmière voguera vers le port de Toamasina, une ville située au nord-est de Madagascar. L’Africa Mercy et ses quelques 350 membres d’équipage, provenant d’une quarantaine de pays, y seront appareillés pour une période de dix mois. « En fin de compte, ça va être un village flottant. Je suis une personne avec un caractère assez flexible. Il va y avoir toute sorte de monde sur le bateau: des couples, des familles et des aventuriers en solo comme moi. C’est aussi plein de cultures différentes que je vais côtoyer tous les jours », explique l’infirmière.
LA GÉNÉROSITÉ SANS FRONTIÈRES
Plusieurs corps de métier sont nécessaires au bon fonctionnement de la vie à bord. Ainsi, des enseignants, cuisiniers ou mécaniciens contribuent de près ou de loin à la cohésion et au succès de l’entreprise.
Les bénévoles soignants, eux prodigueront des traitements auxquels les résidents de l’île n’ont généralement pas accès, faute de moyens financiers et d’installations adéquates. Infections, cataractes, tumeurs et autres problèmes médicaux, parfois aigus, seront traités grâce à la générosité des donateurs qui rendent cette grande opération possible. Plusieurs de ces professionnels sont aussi sollicités pour donner de la formation aux locaux afin d’assurer un transfert de connaissances.
« Les chirurgies se font souvent dans de petits hôpitaux, mais quand c’est une intervention plus délicate, on doit donner des soins très spécialisés. S’ils ont besoin de moi pour former des gens, je vais le faire sans hésiter », insiste celle-ci.
Comme ses frais de subsistance sont importants pour un voyage de cette durée, Guylaine Leduc a lancé une campagne de financement au profit de Mercy Ships. Bien que consciente que les citoyens sont constamment sollicités, elle se dit confiante d’amasser un montant appréciable pour soutenir les activités de l’organisation. « Les gens sont généreux! S’il y en a qui cherchent à quelle cause donner, en voilà une formidable. Pour ceux qui sont intéressés, je vais tenir un journal de bord mensuel pour qu’ils puissent découvrir comment ça se passe à bord».
Une aventure qui promet d’être remplie d’apprentissages et de moments forts pour la Magogoise. Pour en connaitre d’avantage sur Mercy Ships: mercyships.ca/fr ; pour faire un don, écrire au crewcanada@mercyships.ca
