Conceptions Desrosiers en difficultés financières

AFFAIRES. En raison d’un passif et d’une dette de 11,5 millions de dollars, Conceptions Desrosiers a recours à la Loi sur la faillite et l’insolvabilité pour survivre. L’actif ne s’élève qu’à 688 000 $.

L’objectif de cette entreprise magogoise, localisée 4208, rue Sherbrooke, consiste à éviter la faillite. Son unique propriétaire, Francis Desrosiers, déposera une proposition de remboursement partiel à ses 200 créanciers, lors d’une assemblée qui se tiendra par visioconférence, ce mardi 13 mai, à 14 h.

Le syndic Roy, Métivier, Roberge supervise cette démarche. À terme, ce sont les créanciers qui voteront sur une proposition commerciale. Un refus acculera Conceptions Desrosiers à la faillite et les créanciers perdront des sommes variant de 1000 $ à 3,5 millions $. (Voir liste partiel plus bas)

Une acception permettrait à ces mêmes créanciers, comme des fournisseurs, des clients et des institutions financières, de récupérer une partie des sommes dues, et l’entreprise pourrait poursuivre ses activités. 

L’avis d’intention a été déposé à la Cour supérieure du Québec, le 19 mars dernier. La proposition concordataire aux créanciers date du 22 avril.

Les créances non garanties s’élèvent à 10,8 M$. Les créances garanties, privilégiées et prioritaires se chiffrent à 700 000 $.

HISTORIQUE

Conceptions Desrosiers existe depuis 2015. L’entreprise de Francis Desrosiers fleurit pendant quelques années avant qu’une série d’événements freine cette croissance. Une poursuite judiciaire d’un million de dollars liée à un projet de 1,2 M$ ébranle les fondations dès le mois d’octobre 2022.

Suivent la chute de la demande dans le secteur de la construction résidentielle et le ralentissement du multilogement en 2023. Un important roulement de personnel s’amorce au début 2023. S’ajoutent 61 départs sur 64 employés entre novembre 2024 et mars 2025.

L’entreprise écope d’une perte de 3 600 000 $ sur un projet à la fin de 2023. Une acquisition majeure pour sécuriser la croissance de la compagnie tombe à l’eau à la fin 2024.

L’entreprise vend ensuite ses actions dans le groupe principal en immobilier. Les effets sont la disparition de plus de 600 logements à rénover, l’abandon de 1000 portes à construire et la perte d’environ 50 millions de dollars de revenus par année sur 10 ans.

Dans un document juridique déposée à la Cour supérieure du Québec, le syndic José Roberge invite les créanciers à accepter la présente solution. “La proposition concordataire n’est pas un abandon, mais un plan structuré, courageux et réfléchi pour redonner de la valeur à tous: employés, fournisseurs, clients et créanciers”, lit-on.

CRÉANCES GARANTIES ET NON GARANTIES

  • 3,5 M$ à Placement A. Leclerc de Sainte-Catherine-de-Hatley
  • 1 M$ à René Desrosiers de Magog
  • 800 000 $ à Actifs MBA Inc. de Boucherville
  • 975 000 $ à la Caisse Desjardins du Lac-Memphrémagog (caution non garantie)
  • 300 000 $ en hypothèque à la même Caisse (garantie)
  • 386 000 $ à Construction Tanguay au Canton de Hatley
  • 30 000 $ en salaires (privilégiée)
  • 110 000 $ en hypothèque à la Banque de développement du Canada (garantie)
  • 78 000 $ à Revenu Québec
  • 95 000 $ à Revenu Canada