Une dystopie qui colle troublamment à l’actualité
LITTÉRATURE. «Je voulais que les gens lisent en se disant: Holy shit, ça peut arriver! Ce que je décris, c’est réaliste et faisable.»
C’est en ces termes qu’Hervé Gagnon résume son plus récent roman intitulé 51e – Canada 2038. Ce bouquin de type dystopique sera disponible en librairie dès la prochaine rentrée automnale.
Cet auteur d’Ayer’s Cliff aborde l’annexion et l’invasion du Canada par les États-Unis dans un peu plus de dix ans. Il se projette dans l’avenir pour imaginer avec un réalisme froid les conséquences possibles de ce changement de régime. La vie quotidienne y est notamment dramatiquement bousculée par un nouveau gouvernement autoritaire et militaire imposant, par exemple, un rationnement alimentaire, une douche par semaine, la langue anglaise, de la censure, une éducation conservatrice et des exécutions publiques.
Hervé Gagnon a eu subitement l’idée de parler de l’annexion du Canada par les États-Unis «Je me suis réveillé un matin avec l’empressement de faire quelque chose là-dessus, ce qui ne m’arrive jamais», explique celui qui cumule de nombreux romans historiques. Cela a été une urgence quasi existentielle, ce qui m’a fait sortir de ma zone de confort.»
La rédaction a pris son envol dans les premiers mois du second mandat de Donald Trump, dès le déploiement des premières annonces des tarifs douaniers. «J’étais toujours un mois en avance sur l’actualité, poursuit l’auteur. Ce qui me rassurait et m’inquiétait.»
Il cite l’exemple de la soudaine et rapide invasion américaine, dans son livre, dès que le Canada riposte en coupant le courant vers les États-Unis. «Ils n’attendaient qu’on ferme la switch pour saisir nos centrales électriques, puis de prendre le contrôle du pays en quelques jours seulement.»
Hervé Gagnon écrivait donc sur l’invasion avant même que l’Armée canadienne publie un rapport, dans la vraie vie, concluant que les Américains pouvaient envahir le Canada en trois jours seulement!
«En rédigeant, je ne voulais pas choquer ni être spectaculaire. Je souhaitais que ce soit réaliste, puisque l’invasion est envisageable. L’arrivée d’un gouverneur du Canada à Montréal est également faisable. Ils sont même assez baveux pour nous mettre un Franco-américain à la tête du 51e État, comme dans mon livre. Ma première idée de titre était 51e, un avertissement.»
Historien de formation, Hervé Gagnon se dit en bonne position pour se tourner vers le présent. «Inventer une chaîne de causalité, ce n’est pas difficile quand tu as passé ta vie à expliquer l’histoire», affirme celui qui fait écho à des inquiétudes bien réelles dans le monde d’aujourd’hui.
EN RÉSUMÉ
Écrivain bien connu des lecteurs estriens, Hervé Gagnon délaisse le roman historique pour signer 51e – Canada 2038, une dystopie où les États-Unis annexent le Canada afin d’en faire leur 51e État. Plus qu’un exercice de science-fiction, l’auteur affirme avoir voulu écrire “un avertissement”, inspiré des tensions politiques et géopolitiques actuelles.
Cette nouveauté sera sur les tablettes des libraires dès le 11 septembre. Des rencontres avec les lecteurs seront bientôt annoncées en Estrie, Montréal et Québec pour mousser ce lancement.
En octobre dernier, sa cinquantaine de livres franchissait le cap des 500 000 ventes, incluant environ 60% de sa distribution en sol européen.
