Un roman fictif qui flirte avec la réalité
HOCKEY. Après avoir écrit ou coécrit une dizaine d’ouvrages à saveur historique, l’auteur magogois Serge Gaudreau sort de sa zone de confort en publiant un premier roman intitulé “Le plus grand match qui n’a jamais eu lieu”.
Bien qu’il s’agisse d’un récit fictif, la réalité n’y est jamais bien loin, puisque le scénario est saupoudré de nombreux pans de l’histoire sportive du Québec.
Notamment celui du milieu des années 1970, où les hockeyeurs québécois faisaient partie de la crème de Ligue nationale de hockey. Ce qui avait donné l’idée au criminaliste Guy Bertrand, à cette époque, de créer une “équipe nationale” du Québec.
C’est aussi l’ambition de quatre étudiants du Cégep – dans le livre de Serge Gaudreau – qui souhaitent voir l’équipe québécoise se mesurer aux autres formations internationales.
“Cette idée était très plausible, si l’on considère tous les bons joueurs émanant du Québec. On avait entre autres Guy Lafleur, la French Connection (Gilbert Perreault, Richard Martin et René Robert à Buffalo), Marcel Dionne, Pierre Larouche, Jean Ratelle, Jean Pronovost, Rodrigue Gilbert, tous des attaquants qui étaient pratiquement au sommet de leur art à ce moment”, énumère M. Gaudreau.
“À la défense, on pouvait compter sur des gars comme Serge Savard, Guy Lapointe, Jean-Claude Tremblay, Dale Tallon ou Carol Vadnais. Et dans les buts, on était en très bonne position avec Bernard Parent et Rogation Vachon”, poursuit-il.
Sport et politique
Fidèle aux années 1970, cette histoire sportive s’entremêle au climat politique et à la ferveur patriotique, qui est à son apogée avec l’émergence du Parti québécois. “Il y a une convergence de trois facteurs dans ce livre : la jeunesse, le hockey international qui est en croissance durant cette décennie et la montée du nationalisme”, précise l’historien magogois.
Disponible depuis quelques jours seulement à la Tabagie centrale ou par courriel (Serge.Gaudreau@usherbrooke.ca), le livre de Serge Gaudreau pourrait s’avérer un excellent cadeau de Noël pour les mordus d’histoire et de sport.
Et l’auteur ne s’en cache pas : il s’est lui-même fait un cadeau en publiant un ouvrage du genre. “Je ne suis pas un romancier à la base et j’ai dû adapter mon style d’écriture. Mais je me suis vraiment amusé à l’écrire”, avoue-t-il, tout en mentionnant la contribution de l’artiste Manon Potvin pour la page couverture.
“Le plus grand match qui n’a jamais eu lieu, c’est donc celui entre le Québec et le Canada”, résume-t-il.
“Mais dans la réalité, le plus grand match qui a eu lieu, c’est celui qui s’est déroulé le 31 décembre 1975 au Forum de Montréal, entre le Canadien et l’Armée rouge. Ça fait 50 ans et ça reste pour moi un incroyable souvenir de jeunesse. On avait regardé cette rencontre en famille, comme la majorité des Québécois, et je me rappelle encore des gens qui étaient à mes côtés. Quand j’y repense, je me sens un peu nostalgique puisque certains d’entre eux ne sont plus avec nous”, se remémore-t-il.
