Jean-Claude Gosselin: un demi-siècle à faire parler les autres

THÉÂTRE. Cinquante ans après avoir fondé la troupe de théâtre magogoise les Baladins, l’homme de scène estrien Jean-Claude Gosselin demeure tout aussi passionné qu’à ses débuts dans l’univers théâtral.

Par Charles-Antoine Rondeau

«À l’époque, il n’y avait aucune troupe à Magog. On a depuis fait au-dessus de 200 pièces, desquelles j’en ai écrites 72», lance d’emblée M. Gosselin.

Pendant près d’une décennie, les Baladins ont pratiqué et présenté leurs pièces au sous-sol de l’église Saint-Jean-Bosco, et ce, devant des salles pleines. «En 1974, il fallait se trouver un local pour vraiment s’établir, alors j’ai fondé le Vieux Clocher. Quelle belle aventure. Ç’a été difficile, mais on a travaillé fort et on a réussi», continue-t-il.

En parallèle à son implication avec la troupe des Baladins, Jean-Claude Gosselin enseignait. Il a adoré ses quatre années au primaire, mais il est par la suite «monté» au secondaire, où son parcours d’enseignant allait changer pour toujours. «Voyant que la troupe fonctionnait et que j’étais qualifié, le directeur de l’époque, Ernest Bélanger, m’a demandé d’enseigner l’art dramatique et le théâtre à temps plein. J’ai enseigné à La Ruche pendant 28 ans», fait-il valoir.

Adorant travailler avec les jeunes de la relève, qu’il préfère appeler les «artistes en devenir», il fonde, en 1997, les Découvertes de la chanson de Magog. «Être près des jeunes et les aider, c’est ce que je retiens de plus beau. C’est mon plus beau trophée», de dire le créateur.

Il se rappelle aussi ses succès avec les jeunes du secondaire. «Je n’ai pas réussi avec tous mes élèves, mais pour un bon nombre, j’ai réussi à leur fixer un but dans la vie. Ils n’ont pas tous continué dans le théâtre, mais ils ont tous trouvé une voie. Mon plaisir était de m’occuper des jeunes et de créer quelque chose», soutient M. Gosselin.

Ce dernier se remémore avec plaisir ses années d’enseignement, bien qu’au départ, il avait opté pour un tout autre domaine. «Très jeune, je m’étais fixé un idéal. Je suis allé en médecine et j’ai fait un mois. J’avais toujours rêvé d’enseigner, et le plaisir que j’ai eu à le faire est indescriptible. C’est ma plus grande fierté», indique le Magogois.

Impossible d’arrêter

En 2012, Jean-Claude Gosselin avait fait une croix sur sa carrière théâtrale. «Pour moi, c’était réellement terminé. J’ai perdu ma femme et je commençais aussi à être fatigué. Mais des gens sont venus me dire qu’ils aimeraient faire du théâtre. Ils n’ont pas eu besoin de parler très fort pour me convaincre», témoigne-t-il.

C’est donc avec la troupe de théâtre la Renaissance que l’artiste reprend du service. Cependant, à l’aube de ses 75 ans, il désire moins s’en mettre sur les épaules qu’auparavant. «Actuellement, c’est cool. Il y a toujours un peu de pression, mais c’est bien plaisant, car je travaille avec des gens qui sont jeunes de coeur. On le fait surtout pour le plaisir, mais j’exigerai toujours de la qualité», précise-t-il.

La Renaissance présentera deux classiques des Baladins au cours du mois d’avril, soit les Belles-sœurs de Michel Tremblay et Zone de Marcel Dubé, au Théâtre Magog. «Je les enterre, image M. Gosselin. On les a jouées souvent et on ne les refera plus. C’est difficile de dire que c’est fini, mais on a fait tellement de pièces que si je vis jusqu’à 100 ans, j’aurai encore des pièces à jouer.» Les billets sont en vente au prix de 15 $ auprès des comédiens ainsi qu’à l’entrée les soirs de spectacle.