Big Daddy n’a pas dit son dernier mot
CHANSON. Tenu à l’écart de la scène pendant trois ans en raison de la maladie de Parkinson, le Magogois Big Daddy – Alain Pouliot, de son vrai nom – a décidé que ses ennuis de santé ne l’empêcheraient jamais de faire ce qu’il aime le plus au monde : chanter.
L’artiste bien connu sur la scène locale a fait son retour le 9 juillet dernier au restaurant Coq o Bec, de Sherbrooke, quelque 24 heures après avoir célébré son 72e anniversaire de naissance.
“C’était ça, mon vrai cadeau de fête. Ça faisait tellement longtemps que j’attendais de retourner derrière un micro”, a-t-il avoué, au lendemain de sa prestation tenue devant une salle comble.
Estimant que ses problèmes physiques étaient suffisamment sous contrôle, Big Daddy a donc accepté l’invitation de reprendre un rôle qui lui était familier, celui de chanteur.
“Le plus gros défi, ce sont mes pertes d’équilibre. Je suis incapable de transporter mes caisses de son et je dois me déplacer avec une marchette, pour éviter les chutes. C’est ce qui m’a forcé à tout arrêter il y a trois ans. Mais ma voix est encore fonctionnelle. J’ai chanté pendant trois heures consécutives et elle a tenu le coup”, clame-t-il.
Une vie mouvementée
Ceux qui connaissent un tant soit peu Alain Pouliot savent qu’il a eu une existence plutôt mouvementée, et qu’il est en quelque sorte un survivant. “On pourrait facilement écrire un livre sur mes péripéties”, reconnaît-il.
Incidemment, il est l’une des sept personnes à avoir survécu à “la tragédie d’Eastman”, le 4 août 1978, un accident d’autobus qui avait fait 40 victimes et qui a longtemps été la pire tragédie routière du Québec.
D’ailleurs, il est constamment sollicité au mois d’août de chaque année, par différents médias, pour reparler de ce triste événement. “Je n’ai aucun problème avec ça. Je suis comme un grand livre ouvert. Ça m’a donné tout un coup cette histoire, mais ça m’a fait du bien d’en parler par la suite. Il faut éviter de garder tout ça en dedans”, fait valoir celui qui est originaire de Val-des-Sources (Asbestos).
Heureusement, la vie lui a aussi réservé des passages plus agréables, comme cette décision qu’il a prise de faire de la musique à temps plein, après avoir été remercié de son travail à la mine d’Asbestos.
“Je chantais déjà à temps partiel, mais lorsque les coupures sont arrivées à la mine, j’ai choisi de plonger tête première et de me consacrer uniquement à ma carrière musicale. Ça m’a permis de vivre plusieurs belles expériences partout au Québec et aussi de chanter chaque hiver en Floride, pendant 20 ans.”
“J’ai vraiment apprécié tous ces moments, mais pas question pour moi de me lancer à nouveau dans des séries de spectacles. Je préférerais plutôt me produire lors d’occasions spéciales, sur une base occasionnelle”, précise Big Daddy.
“En chantant au Coq o Bec, je voulais seulement me tester et je peux vous dire que je suis maintenant rassuré”, se réjouit-il.
