Chronique historique: Quand Oliver Corner fourmillait d’activités (Partie 1)
Au XIXe siècle, notre région, comme partout ailleurs au Québec, était parsemée de hameaux aujourd’hui pour la plupart disparus. Certains d’entre eux ont joué un rôle significatif dans le développement de notre région.
Parmi ceux-ci, on retrouve Boynton et Smith’s Mills, ce dernier devenu Tomifobia, situés sur la rivière du même nom; Furniss Mills (village de Cap Gibraltar, à l’entrée de la baie Sargent); Head of the Bay au fond de la même baie; Turnertown, à l’intersection des chemins Forand et Ayer’s Cliff, dans Sainte-Catherine-de-Hatley; Millington dans Austin, pour ne nommer que ceux-là.
Plus près de chez nous, Oliver Corner, aujourd’hui situé dans les limites la ville, à mi-chemin entre Magog et Georgeville, à proximité de l’intersection des chemins de Georgeville et Gendron. Ce hameau a bourdonné d’activités pendant plus d’un siècle.
Il est ainsi nommé pour William Oliver (1761-1819), médecin venu du Massachusetts en 1803 ou en 1807, selon les historiens, avec sa femme, Elisabeth Kinston et leurs six enfants : Esther (Colbe Abbott); William fils (Polly Remick); Ebenezer (Nancy Call); Polly (Moses Copp fils); John L. (Lydia Buzzell), et George (Marilla Chamberlin). William Oliver n’a jamais exercé sa profession de médecin, mais il a choisi de cultiver la terre et pratiquer le métier de cordonnier.
Dans les années 1840, coïncidant avec le début d’une route de diligence entre Stanstead et Waterloo via l’Outlet (aujourd’hui Magog), William Oliver fils, construit la maison Oliver, aujourd’hui le 2520 chemin de Georgeville, qui deviendra l’auberge Oliver (Oliver Stage Coach Inn). La famille Oliver occupera cette maison pendant plus d’un siècle.

L’auteur de la carte est C. Arthur Smith. (Photo collection personnelle)
IMPLIQUÉE EN POLITIQUE
La famille s’est impliquée en politique municipale. William W. Oliver, petit-fils du pionnier, a été le deuxième maire du Canton de Magog de 1868 à 1870. Il a aussi servi comme superviseur (Warden) du Comté de Stanstead.
Un cimetière est très tôt aménagé près de la maison ancestrale. D’abord familial, il devient rapidement un cimetière communautaire. La plus ancienne pierre tombale est probablement celle de George Oliver, décédé le 26 février 1813. La dernière inhumation (Mary Jane Emery) est datée du 25 décembre 1954. On y retrouve les restes de plus de 64 personnes, notamment des Oliver, Rexford, Abbott, Bachelder, Call, Remick, Hovey, Turner et Wilcox. Longtemps entretenu par des bénévoles du voisinage, il a récemment été adopté par la Société d’histoire de Georgeville qui s’occupe de l’entretien.
Ce hameau avait une vie sociale assez active pour avoir une “colonne sociale ” dans le Stanstead Journal. Dans le Magog News du 8 octobre 1890, on peut lire: ” Jeudi dernier, une dernière chasse à l’écureuil a eu lieu chez les Oliver. Le décompte de la chasse s’est fait chez Edward B. Oliver et à 10 heures, un excellent festin attendait les chasseurs affamés “.
Les descendants du Dr Oliver sont demeurés à Oliver Corner jusqu’au milieu du 20e siècle et ont construit le hameau qui a inclus éventuellement la maison familiale, devenue l’auberge de la diligence, un cimetière, une école, une bibliothèque, une centrale téléphonique, un bureau de poste, un moulin à scie, une fromagerie, une fabrique de voitures et de traîneaux. (à suivre)
Maurice Langlois
Serge Gaudreau
