Chronique historique: Les Langlois font partie de l’histoire de Sainte-Catherine-de-Hatley depuis 180 ans
La maison ancestrale de la famille Langlois, qui date du milieu du XIXe siècle, est située au 510, chemin de la Montagne, dans le 7e rang sur les lots 14 et 15, à 1,5 km du village de Sainte-Catherine-de-Hatley. Elle a été construite par Louis-Joseph Langlois, pionnier des familles Langlois dans les Cantons-de-l’Est. Arrivés en 1845 avec son épouse Justine St-Jacques, ils y ont élevé treize enfants. Transmise de père en fils, la maison est encore dans la même famille depuis six générations.
Louis-Joseph Langlois naît à Québec le 25 mars 1813. Il est inscrit au Petit séminaire de Québec où il passe quatre années, répétant trois fois la classe des débutants et une fois la deuxième année avec de très faibles résultats, ce qui le force à abandonner. Il n’est cependant pas illettré, car il apposera sa signature sur plusieurs documents.
À l’occasion d’un court séjour à Essex, au Vermont, le 26 octobre 1839 il épouse Justine St-Jacques à la cathédrale St. Mary’s à Burlington. Les jeunes mariés reviennent au Québec vers 1840 et s’installent à St-Césaire, leur lieu d’origine.
En 1845, la famille vient s’établir à Katevale dans le canton de Hatley. Elle est la première famille Langlois à habiter la région de Sherbrooke. On peut se demander pourquoi Louis-Joseph est venu de Saint-Césaire à Katevale. À l’époque, cette partie des Cantons-de-l’Est est desservie par le curé de St-Césaire, l’abbé François Marie Lamarre, du diocèse de Saint-Hyacinthe. En 1841, le curé, conscient qu’il n’y a que quelques familles catholiques dans Hatley et un plus grand nombre d’anglo-protestants, encourage ses paroissiens à venir s’installer dans la région. La famille St-Jacques est aussi venue de St-Césaire en même temps que la famille Langlois.

La famille Langlois est installée sur la ferme du 510, chemin de la Montagne à Sainte-Catherine-de-Hatley, depuis 180 ans et six générations. (Photo gracieuseté)
UN RÔLE ACTIF
En plus de cultiver la terre et de vivre des produits de la ferme, Louis-Joseph joue un rôle actif dans la « mission » de Sainte-Catherinee-de-Haley, établie en 1845. Le 21 octobre 1861, il fait don au diocèse de St-Hyacinthe de trois arpents de terre, acquis de Pierre Ladouceur, pour la construction d’une petite chapelle en 1858, sous le vocable de « mission Sainte-Catherine ». Son beau-père, Pierre St-Jacques, cède deux arpents à cette fin et pour l’aménagement d’un cimetière.
Le 4 décembre 1882, une donation entre vifs a lieu devant le notaire Henri Saint-Louis. Louis-Joseph cède ladite ferme d’environ 200 acres à son fils Honoré, « à qui ils se sont donnés », ce qui signifie que le don est assorti de certaines conditions : Honoré doit « loger ses deux parents, les nourrir à la fortune et potage, leur fournir les douceurs nécessaires à leur âge, entretenir les hardes et linges de corps tant pour les dimanches que pour les jours ouvrables, une voiture, etc. »
Il est tenu de payer à Désiré, son jeune frère, « une somme de deux cents piastres courant, d’ici quatre ans avec intérêt de six par cent l’an, à compter de la date de l’âge de majorité dudit Désiré Langlois et, advenant le mariage dudit Désiré, ledit donataire sera tenu de lui donner et livrer une vache laitière et deux mères moutonnes ». Comme Désiré se marie deux ans et demi plus tard, nous pouvons présumer qu’il a hérité d’une vache et de deux moutonnes.
DES HÉRITIERS
Pourquoi Louis-Joseph a-t-il cédé la terre à Honoré plutôt qu’à son frère Désiré ? Seuls Honoré et Désiré sont encore à la maison, les autres étant déjà installés ailleurs. Honoré a 23 ans, il est marié depuis un an et demi. Le couple a déjà un enfant âgé de 8 mois et il en attend un autre. Désiré, lui, n’a que 19 ans et n’est pas encore marié. Honoré et Cordélia auront 16 enfants qui peupleront la région.
En 1934, la terre ancestrale est acquise par Eudore, fils d’Honoré Langlois. Eudore épouse Clémence Clément et le couple aura 8 enfants. En 1959, c’est au tour de Lucien, le fils aîné d’Eudore, de devenir propriétaire. Il épouse Béatrice Labrie qui lui donnera 11 enfants. La famille vit des produits de la ferme jusqu’en 1965. En 1988, Lucien transmet la propriété à son fils Christian. À la suite du décès de ce dernier, le 31 décembre 2023, la terre devient la propriété d’un garçon de Lucien, Benoît, et son neveu Patrick. Des quelque 200 acres que comprenait la ferme en 1845, il en reste encore 90 dans la famille Langlois, après six générations.
En 2002, « l’Association Les Langlois d’Amérique » procède à l’installation d’une plaque commémorative en l’honneur de Louis-Joseph Langlois et son épouse, Justine St-Jacques, premiers occupants de ce site historique il y a 180 ans.

L’Association Les Langlois d’Amérique a installé un plaque commémorative en 2002 en l’honneur de Louis-Joseph Langlois et son épouse, Justine St-Jacques, premiers occupants de ce site historique. (Photo gracieuseté)
Par Maurice Langlois et Serge Gaudreau
