Vive opposition contre les Jardins de la falaise à Magog

IMMOBILIER. Le voisinage de la rue du Sergent-Arthur-Boucher a fait salle comble à l’hôtel de ville de Magog pour freiner un projet immobilier d’une vingtaine de logements dans ce quartier.

Une dizaine de résidents ont pris la parole pour s’opposer à cette construction, lors d’une consultation publique tenue mardi soir (26 septembre). Forts d’une pétition de 126 signatures, ils ont manifesté leur inquiétude face à la possibilité de briser l’uniformité de l’actuelle vocation unifamiliale. 

Pour eux, il ne s’agit pas du bon endroit pour densifier le territoire, surtout que plusieurs couples et familles ont choisi cet endroit pour la quiétude des lieux. D’aucuns ont également mentionné la présence de plusieurs enfants qui jouent dans la rue. Accentuer la circulation diminuerait la sécurité des enfants, aux dires de quelques résidents.

Vincent Bouliane et Diane Vautour ont été les premiers à prendre la parole. Ils craignent que l’autorisation de cet édifice à logements multiples pave la voie à d’autres bâtiments semblables dans le secteur. «Des terrains vacants demeurent disponibles, et un autre promoteur immobilier a déjà songé à construire sept triplex, s’inquiète Mme Vautour en entrevue téléphonique. On refuse et on préfère le statu quo.»

Ce statu quo signifie de conserver les règlements de zonage actuels qui autorisent la construction de maisons unifamiliales. Six propriétés pourraient ainsi être construites en remplacement du projet de multilogements piloté par le promoteur Marc Girard. La rue du Sergent-Arthur-Boucher serait alors prolongée jusqu’aux rues Hamel, Vimy et Général-Vanier.

À ce sujet, Mme Vautour se fait la porte-parole du quartier en disant que les résidents préfèrent l’option des six maisons de plus, même si la rue du Sergent-Arthur-Boucher se prolonge. «Arrêtons immédiatement toute cette perte de temps, car nous signerons tous les registres contre ce projet de bâtiment de 16 à 20 logements, quitte à aller en référendum, prévient-elle. Nous serons tous solidaires.»

«On va vendre notre maison si ce projet se concrétise, même si ça fait seulement 18 mois qu’on y habite», se désole Vincent Bouliane.

BÂTIMENT VERT D’INSPIRATION SCANDINAVE

Rappelons que M. Girard souhaite ériger un bâtiment vert d’inspiration scandinave de 16 à 20 logements, incluant un bassin de rétention des eaux, des jardins japonais, de la végétation et des pierres perméables dans l’entrée pour réduire les îlots de chaleur.

Les Jardins de la falaise prévoient deux étages totalisant 10 mètres et un stationnement souterrain d’une trentaine de cases à l’angle des rues Hamel et du Sergent Arthur-Boucher.

Précisons que la soirée de mardi soir ne ciblait que la création d’une zone de PIIA (plan d’implantation et d’intégration architecturale). Une série de critères à inclure prévoient notamment d’adapter l’architecture à la topographie naturelle du terrain, des matériaux naturels pour le bâtiment, le maintien d’une couverture boisée et un lien de transport actif maintenu entre les deux extrémités de la rue du Sergent-Arthur-Boucher.

Les voisins ne peuvent se prononcer à cette étape. L’entrée en vigueur de ce projet de règlement est prévue le 5 octobre prochain. Les résidents seront invités à se prononcer si la démarche se poursuit avec un processus de modification réglementaire. Des éléments comme la hauteur et le nombre de portes, ainsi que des plans et des croquis, seront alors présentés dans une seconde assemblée de consultation. C’est à ce moment que les voisins pourront demander la tenue d’un registre.

Quant à la mairesse Nathalie Pelletier, elle assure que le conseil a pris bonne note de cette réserve émise par plusieurs citoyens. Elle souhaite reparler de ce dossier avec les élus avant de commenter davantage sur la place publique.

LA VOIE PLUS LIBRE POUR DEUX AUTRES PROJETS

Par ailleurs, les projets immobiliers du chemin François-Hertel (36 logements longue durée) et du Ralph Espace Condos de la rue Principale Ouest (43 condos longue durée) étaient aussi à l’ordre du jour de la soirée du 26 septembre dernier. Personne ne s’est toutefois manifesté pour ou contre ces deux constructions. Sans embûche, l’entrée en vigueur de ces deux modifications réglementaires est prévue pour le 2 novembre.