Une «résolution» qui dure depuis un quart de siècle

Par Patrick Trudeau
Une «résolution» qui dure depuis un quart de siècle
Patrick Mahony a mis un terme à sa relation avec l'alcool en janvier 1998. (Photo : (Photo Le Reflet du Lac - Archives/Patrick Trudeau))

ALCOOL. Au moment où vous lisez ces lignes, plusieurs Québécois auront déjà mis de côté la bonne résolution qu’ils avaient adoptée dès le début de la nouvelle année. Par contre, d’autres vont respecter le virage qu’ils ont entrepris et qui, sans le savoir, aura peut-être des répercussions sur le reste de leur vie.

Après avoir terminé une bouteille de Jack Daniel’s en compagnie d’un de ses amis dans la matinée du 3 janvier 1998, Patrick Mahony a annoncé à son comparse qu’il venait de prendre son dernier verre d’alcool.

Et il tient toujours parole, 25 ans plus tard!

« Au cours des mois précédents, j’avais cessé de boire à deux reprises (pendant un mois et trois mois respectivement), mais je retombais toujours dans mes mauvaises habitudes. J’ai réalisé qu’il était plus simple d’arrêter complètement que d’essayer d’être raisonnable », se remémore celui qui est bien connu comme communicateur et promoteur d’événements sportifs.

« Ce n’était pas nécessairement une résolution de début d’année. J’ai simplement pris une décision drastique, pour éviter de foncer dans le mur », image-t-il.

Étudiant à l’Université de Sherbrooke à l’époque et parallèlement portier dans les bars, M. Mahony était ce qu’on appelle un gars de party… fidèle à ses origines irlandaises!

« J’abusais très souvent de l’alcool et j’oubliais régulièrement des bouts de ma soirée, reconnaît-il. Comme bien des gens sous l’influence de la boisson, j’ai aussi eu des comportements que je regrette. C’est pour éviter de commettre des gestes encore plus graves que j’ai décidé d’arrêter de boire ».

À sa grande surprise, son choix a été mal reçu par plusieurs. « Il y a des clients au bar qui étaient insultés parce que je refusais des verres. J’ai aussi perdu des « chums de brosse » qui ne comprenaient pas ma décision. Je n’avais pas prévu de telles réactions », admet le Magogois aujourd’hui âgé de 49 ans.

Une publication qui fait réagir

Pour marquer son quart de siècle d’abstinence, Patrick Mahony y est allé d’un long texte aux allures de slam, le 3 janvier dernier sur sa page Facebook, racontant sa quête de sobriété à coups de poésie, de phrases percutantes et de mises en garde. «Arrêter de boire, ça te réduit un cercle d’amis. Mais, ça permet de tourner le coin et voir plus loin. Au lieu de penser que tu vas mourir à 30 ans, tu te dis que peut-être un jour t’auras des enfants», écrivait-il.

Bien que sa publication ait suscité plus de 200 « J’aime » et près d’une centaine de commentaires, le principal intéressé se garde bien de se présenter comme une référence ou de faire la morale à quiconque. « J’explique par où je suis passé et les conséquences engendrées par ma décision. Mais je n’ai pas la prétention d’avoir la recette idéale. Il y a plusieurs chemins qu’on peut emprunter si on veut cesser de boire et je voulais juste dire que c’était possible », fait-il valoir.

Rencontre avec les AA

Étant d’un naturel solitaire, Patrick Mahony a assisté à une seule rencontre des Alcooliques Anonymes (AA) durant son processus.

« J’ai plutôt décidé de régler le problème par moi-même, comme je l’ai toujours fait dans les autres sphères de ma vie. Je sais par contre que plusieurs personnes ont besoin d’être appuyées dans une telle démarche et que le soutien de leur entourage est primordial. Moi, j’avais la chance d’être encore jeune, je faisais du sport et je réussissais bien dans mes études. Ma situation était sans doute moins problématique que d’autres », analyse-t-il.

« J’ai quand même appris des choses durant mon seul atelier avec les AA et j’ai beaucoup apprécié le fait de me retrouver dans un groupe où il n’y avait aucun jugement. D’ailleurs, j’ai lu il y a quelques mois que Brad Pitt avait aussi assisté à des réunions des AA pendant plus de deux ans et que durant cette période, aucun paparazzi n’avait eu vent de l’histoire. Ça prouve à quel point ce mouvement est confidentiel et basé sur le respect », fait-il remarquer.

Un seul regret

Armé d’une volonté de fer et de sa « tête de cochon », Patrick Mahony estime avoir relativement bien contrôlé ses envies de boire au cours des 25 dernières années. « Au début, c’était un combat de tous les instants, mais peu à peu, je suis devenu plus confortable. J’ai aussi arrêté de fumer quelques années plus tard et j’ai même trouvé ça plus difficile ».

« C’est sûr qu’il faut redoubler de vigilance quand on traverse une épreuve. Mais dans mon cas, le seul temps où ça me manque vraiment, c’est lorsque je vais souper chez un de mes amis qui a une cave à vin extraordinaire. Déguster un filet mignon avec un grand cru, c’était vraiment un plaisir », conclut-il avec un brin de nostalgie.

 

Alcooliques Anonymes – Magog

Pour obtenir des informations sur le groupe d’entraide d’Alcooliques Anonymes à Magog, composez le 819 868-0707.

Un groupe Al-Anon tient aussi des rencontres à l’église Saint-Patrice (salle Sainte-Anne) les lundis à 19 h 15, pour les proches des personnes souffrant d’un problème d’alcool.

Défi 28 jours sans alcool

La 10e édition du Défi 28 jours sans alcool aura lieu du 1er au 28 février 203. Parrainé par la Fondation Jean-Lapointe, cette campagne de sensibilisation vise à encourager les personnes à prendre une pause dans leur consommation d’alcool pendant un mois.

Pour participer, parrainer un participant ou faire un don: www.defi28jours.com.

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