Une pancarte du promoteur Belval fait réagir au centre-ville
DÉVELOPPEMENT. Propriétaire du terrain vacant à l’intersection des rues Principale et Merry, sur lequel un projet immobilier a été refusé en 2023 par la Ville de Magog, le promoteur Wiliam Belval a décidé d’exprimer son impatience publiquement en y installant un grand panneau, accompagné d’un message évocateur.
L’affiche en question, bien visible à ce coin achalandé du centre-ville depuis environ deux semaines, suggère que M. Belval n’attend que le feu vert de la Municipalité pour aller de l’avant avec ses unités d’habitation de la Place du Parc.
Dans sa première mouture, ce projet consistait à la construction de 23 unités de location court terme et d’un rez-de-chaussée à vocation commerciale. Un investissement qui était notamment conditionnel à l’autorisation d’y ériger un quatrième étage en retrait, ce qui avait été refusé par les élus à la suite d’une consultation publique.
Sur l’affiche en question, on peut y lire le message suivant: “Envie que ça passe au vert? Ce terrain n’espère pas un miracle, il attend que l’administration municipale passe en deuxième vitesse. Ici, un projet pour dynamiser le centre-ville est prêt à voir le jour”.
Contacté par Le Reflet du Lac, M. Belval reconnaît que son intention était de faire réagir, mais surtout d’exposer les nombreux délais et obstacles auxquels il se bute depuis l’acquisition «de plein droit» de cette propriété. “J’ai commencé mes démarches en 2021 et en 2023, les élus ont pris une décision aberrante en raison d’un seul voisin qui se plaignait. Pourtant, c’est un terrain qui est appelé à ce qui se passe quelque chose, tôt ou tard. Au printemps dernier, j’ai déposé un nouveau projet qui devait être discuté en séance plénière en juin. On arrive au mois d’août et toujours rien. Ça ne fait aucun sens”, déplore William Belval.
Visiblement excédé par la situation, l’homme d’affaires voyait par cette pancarte une occasion d’exposer la vérité pour que les gens comprennent qu’il n’en tient qu’à la Ville de Magog s’il ne se passe toujours rien à cet endroit. “C’est le quatrième projet en cinq ans que la Municipalité me fait tourner en rond. Ce n’est clairement pas normal. Certains peuvent dire que le message sur la pancarte est provocateur et qu’il donne l’impression que les promoteurs mettent la ville au pied du mur, mais dans les faits, c’est complètement l’inverse.”
La mairesse émet certaines réserves
Invitée à commenter cette offensive publicitaire, la mairesse de Magog, Nathalie Pelletier, n’avait pas eu l’occasion d’en discuter avec l’ensemble du conseil municipal en raison de la pause estivale en cours.
Elle a toutefois accepté de partager son point de vue personnel sur cette initiative qui ne passe pas inaperçue. “À mon avis, ce n’est pas la meilleure façon d’aider la cause et personnellement, je n’apprécie pas de travailler de cette façon. Je préfère le partenariat et les discussions constructives plutôt qu’une affiche comme celle-ci”, a d’abord mentionné Mme Pelletier avec prudence.
Cette dernière a aussi confirmé qu’une nouvelle version du projet de la Place du Parc a été déposée à l’Hôtel de Ville. Selon la politicienne, le dossier a été discuté à la Commission de la planification et du développement du territoire, mais il n’a pas encore été présenté officiellement aux membres du conseil municipal.
Ce qui devrait se faire quelque part au mois d’août ou septembre, à son avis. “Autant l’ancien conseil municipal que celui actuel serait d’accord avec moi pour dire que des projets, on en souhaite. Mais ils doivent être bien ficelés, s’intégrer à notre cachet et respecter notre identité, surtout sur un terrain aussi stratégique et névralgique que celui au coin Merry et Principale. Les citoyens ont de grandes attentes, tout comme nous”, poursuit Nathalie Pelletier.
La mairesse indique que ce sera au conseil municipal de statuer à savoir si la version 2.0 de la Place du Parc est suffisamment “acceptable” pour être de nouveau soumise à l’approbation populaire, comme ce fut le cas en 2023.
