Une paix retrouvée dans la rivière aux Cerises… à quelques exceptions près

Par Pierre-Olivier Girard
Une paix retrouvée dans la rivière aux Cerises… à quelques exceptions près
Il y a eu moins d'achalandage dans la rivière aux Cerises l'été dernier comparativement aux deux années précédentes. (Photo : gracieuseté - Jean-Louis Pavao)

MAGOG.  Après une saison chaotique en 2021 marquée par des utilisateurs trop nombreux et des comportements nuisibles à l’environnement, la rivière aux Cerises a retrouvé une certaine normalité d’avant-pandémie lors de la plus récente saison estivale. Certains utilisateurs ont quand même réussi à faire parler d’eux pour les mauvaises raisons.

L’organisme avait d’ailleurs lancé un cri du coeur il y a un an, alors qu’un nombre anormal de poissons morts et de traces de pollution avaient été observés dans la rivière qui traverse son territoire de conservation et de préservation. En réaction à cette nuisance, LAMRAC a ajouté au printemps dernier plusieurs panneaux de signalisation et d’information afin de mieux sensibiliser les utilisateurs qui s’y aventurent en kayak et en planche à pagaie.

Dès le début de la saison estivale, une patrouille nautique et terrestre a aussi permis d’avoir des yeux et des oreilles à des endroits qui étaient moins surveillés par le passé. «Au début, la patrouille était essentiellement sur l’eau. Mais au fil des semaines, on l’a postée à la rampe de mise à l’eau de la plage des Cantons, qui est la principale portée d’entrée des utilisateurs. La station de lavage est située juste à côté, alors c’était idéal pour faire de la sensibilisation à ce sujet», explique la directrice générale de LAMRAC, Laura Dénommée-Patriganni.

Cette dernière constate qu’il y a encore beaucoup de travail à faire concernant le lavage des embarcations, et ce, malgré les campagnes de sensibilisation et que le problème des espèces exotiques envahissantes est bien connu. À ce sujet, elle est d’avis qu’il faudrait mieux structurer les accès tout au long de la rivière afin d’avoir un meilleur contrôle.

Elle ajoute que l’imposition d’une amende pour les utilisateurs pris en défaut est une solution qui semble dissuasive sur papier, mais qui est très difficile d’application dans les faits. «Ceux qui font de la planche à pagaie ou du kayak ne traînent généralement pas leur portefeuille ou leurs papiers officiels avec eux. En cas d’infraction, il faudrait pratiquement les escorter jusqu’à leur véhicule. Ça ne ferait pas de sens et par-dessus tout, une approche de sensibilisation sociale cadre davantage dans nos valeurs et notre mission.»

Quand les castors font des mécontents

Même si la majorité des visiteurs ont des comportements exemplaires, la directrice générale relate encore des gestes regrettables sur et aux abords du plan d’eau. Au cours de l’été, certains ont cru bon de faire jouer de la musique en apportant leur haut-parleur, tandis que d’autres ont fait fi de la signalisation en circulant dans les herbiers.

Mais ce qui a suscité le plus de grogne, à la grande surprise des gestionnaires du Marais, est la présence d’un barrage de castors à environ trois kilomètres de l’entrée de la rivière. Existant par le passé, ce barrage a toutefois pris de l’expansion cet été, empêchant ainsi les utilisateurs de se rendre plus loin qu’à l’habitude.

«On a reçu plusieurs plaintes de gens qui n’étaient pas contents que le barrage bloque leur chemin. Certains sont allés jusqu’à défaire une partie pour pouvoir passer, ce qui est totalement illégal. On nous a même accusés d’avoir construit nous-mêmes le barrage pour mieux contrôler l’accès», s’étonne encore la directrice. 

«Bref, tous ces exemples démontrent qu’il y a encore beaucoup d’éducation à faire. Le plus difficile, c’est de rejoindre les visiteurs provenant de l’extérieur de la région et qui viennent ici après avoir vu une photo sur Instagram. Bien souvent, ces gens ne prennent pas le temps de s’informer avant leur visite. Ils ne connaissent pas notre réalité ni les problématiques, contrairement aux habitués, qui ont un sentiment d’appartenance plus fort à ce milieu naturel», conclut Laura Dénommée-Patriganni.

 

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