Une microbrasserie ayant soif de musique
AFFAIRES. Au-delà des effluves musicaux qui ressortent à la lecture de son nom, la Microbrasserie Octave est née d’un véritable brassage d’idées entre trois amis, qui ont su transformer leur passion commune pour la musique en un projet d’affaires plus grand que nature.
Frédéric Côté, Patrick Lagueux et Marc Boily étaient loin de se douter que leur rencontre au Club de triathlon Memphrémagog, il y a une dizaine d’années, allait se traduire par le début d’une longue amitié.
Au-delà du sport, c’est surtout par leur amour de la musique qu’ils ont rapidement tissé des liens. “Il y avait une fête qui était organisée au club du triathlon et c’est là qu’on a eu l’idée de lancer un “band”. On s’appelait les “Iron Bastards”, un clin d’oeil à la chanson Iron Man et au triathlon. Ce n’était pas très sérieux notre affaire. On s’était déguisé avec des masques du groupe Kiss. On suait à grosses gouttes, mais au moins, c’était impossible de nous reconnaître!”, lancent-ils en éclatant de rire.
Après ce baptême de la scène réussi, le trio a gardé son projet musical bien en vie en pratiquant régulièrement et en offrant quelques prestations, surtout devant son cercle rapproché. “On a joué au Pub Le Chalet, sur une ferme et même à Cuba. On a l’air international en disant ça, mais ça a adonné qu’on était là et on a pu s’amuser avec quelques chansons. Mais non, nos dépenses n’étaient pas toutes payées comme les grandes vedettes!”
Une occasion totalement inattendue
Quoique leurs admirateurs en réclamaient toujours davantage, les “Iron Bastards” ont opté pour la retraite au profit d’un autre projet musical qui est en cours de création, soit un hommage au groupe The Tragically Hip.
Mais c’est surtout au plan des affaires que le trio a investi l’essentiel de son temps et son argent au cours des dernières années. “Si on revient à Octave, tout a commencé grâce à Fred. C’est lui qui est derrière le projet de condos Ralph Merry situé tout juste à l’arrière de notre bâtiment. Un jour, il nous a demandé si ça nous tentait de faire une microbrasserie. C’est là qu’on a eu l’idée de créer un concept autour de la musique. Même si les dépenses ont été plus élevées que prévu, on est super content du résultat”, partage Patrick Lagueux.

Unis par leur passion de la musique, Frédéric Côté (batterie), Marc Boily (guitare et voix) et Patrick Lagueux (basse) ont orchestré la réalisation de la Microbrasserie Octave. (Photo Le Reflet du Lac – Pierre-Olivier Girard)
Outre son appellation, le concept d’Octave se décline à bien des niveaux. Il y a le décor, entre autres, avec les luminaires composés de cymbales et les poignées de fût en forme de note de musique, ainsi que le menu qui regorge de clins d’oeils musicaux.
Mais ce qui constitue l’ADN même de l’endroit est la scène équipée à la fine pointe de la technologie, qui a été aménagée au coeur de la salle à manger. “On veut créer un lieu intime où les gens ont envie de se rassembler en écoutant des musiciens de qualité. On n’est pas là pour faire compétition au Vieux Clocher, mais on vise plus haut que les chansonniers comme il y a déjà partout. On a même reçu France d’Amour dernièrement et ça a été vraiment un succès”, souligne Frédéric Côté.
Si le fait de gérer une salle de spectacle au coeur d’un restaurant exige son lot de défis de cohabitation, les copropriétaires demeurent convaincus que le concept a tout pour réussir. Chose certaine, l’engouement chez les artistes se fait déjà ressentir puisque l’horaire est pratiquement déjà complet d’ici la fin de l’année.
Tout en gardant les deux pieds sur terre sur leur vision à plus long terme de leur nouveau bébé, les proprios ont accepté de rêver un peu en partageant le nom d’artistes de renom qu’ils aimeraient bien accueillir un jour. “Moi (Patrick Lagueux), le premier nom qui me vient en tête est Vincent Vallières. C’est un gars d’ici alors il faut trouver un moyen de l’avoir. De mon côté (Frederic Côté), je pense aussi à un gars du coin comme Garou. Moi (Marc Boily), mes rêves sont moins réalistes. Il y a Sheryl Crow, mais elle ne viendra jamais, et Amy Winehouse, mais elle est morte. Je pense aussi à Jean Leloup. Ça demeure très improbable, mais au moins, il est vivant, lui!”, concluent les trois amis.
