Une famille irakienne se réfugie à Eastman pour fuir la violence

Par Dany Jacques
Une famille irakienne se réfugie à Eastman pour fuir la violence
La famille d’Emmanuelle Vincent-Racicot et David Auclair (à gauche) accompagne la famille irakienne dans ses premiers pas dans la région d’Eastman.

IMMIGRATION. En exil depuis quatre ans, une famille irakienne s’installe à Eastman grâce à un projet de parrainage de réfugiés chrétiens orchestré par un comité de la paroisse Notre-Dame-du-Mont-Carmel. Maykil, Zena et la petite Malak sont arrivés dans la neige et le froid hâtif de novembre. Ces conditions climatiques ne sont toutefois rien à comparer d’une famille ayant perdu sa maison et son propre restaurant en Irak, dans une ville près de Moussoul qui a été complètement détruite par l’État islamique (Daesh). Ils ont pris la décision la plus difficile de leur existence, soit quitter leur pays avec 10 000 $ en poche afin de se soustraire à la violence et aux persécutions. L’espoir d’une vie meilleure les conduit à Aman, en Jordanie, le temps que s’organisent le parrainage et la transition vers le Canada. L’une des membres du comité, Aline Dupaul, applaudit l’entraide de toute la communauté d’Eastman, Saint-Étienne-de-Bolton et Stukely-Sud. «C’est l’œuvre de plusieurs personnes, qui ont donné de l’argent, mais aussi des vêtements et des meubles pour faciliter leur intégration», se réjouit-elle. La petite famille est arrivée à Montréal le 12 novembre dernier. Elle a habité deux logements temporaires avant de s’installer de façon permanente dans un logement d’Eastman, avec vue sur le Mont-Orford. L’intégration semble bien se dérouler selon le comité d’accueil, car les trois Irakiens s’expriment très peu en anglais et en français pour témoigner personnellement de leur arrivée. Des bénévoles leur viennent en aide pour faciliter la communication, car ces Irakiens parlent l’arabe et l’araméen, cette dernière étant la langue de Jésus. En entrevue, ils sont particulièrement gênés, mais l’adaptation semble néanmoins réussir, et ce, grâce notamment à l’engagement d’une famille-amie qui s’est spontanément offerte pour faciliter sa transition. Emmanuelle Vincent-Racicot et David Auclair, ainsi que leurs trois jeunes enfants, ont comme mandat de créer des liens et de les accompagner dans les activités quotidiennes de la vie. Le traducteur Google est parfois nécessaire pour se faire comprendre, sinon des gestes ou des mots en anglais ou en français permettent une certaine communication. «Moi, j’ai décidé de me lancer à fond, j’ai commencé à apprendre l’arabe», raconte Emmanuelle Vincent-Racicot avec fierté. «L’adaptation devrait bien se faire, car la famille aime déjà les frites McCain et le Coke», constate David avec humour. L’intégration ne s’arrête pas à se faire aider, car l’objectif consiste à rendre la petite famille autonome. Maykil travaillera bientôt à la plonge du SPA Eastman. Sa conjointe fera un peu de bénévolat à l’organisme La Corde à Linge, le temps que la petite Malak s’intègre au Centre de la petite enfance du coin. Zena pourrait même bientôt devenir femme de chambre au SPA Eastman si elle le désire. Le comité d’accueil se compose de Jean Cloutier, Aline Dupaul, Georges Boissé, Lynn Gaudreau, Robert Fortin, Gérard Marinovich, François Paré, Gaston Phaneuf et Suzanne Badeaux. Cette dernière et son conjoint Karl Donolo ont d’ailleurs accueilli la jeune famille irakienne chez-eux, lors des huit premiers jours après leur arrivée de Jordanie.

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Marthe Gaudette
Marthe Gaudette
4 années

Bel exemple de mobilisation citoyenne. Sans parler de la persévérance !