Un face à face musclé entre les deux aspirantes à la mairie de Magog

Par Pierre-Olivier Girard
Un face à face musclé entre les deux aspirantes à la mairie de Magog
Les candidates à la mairie de Magog, Nathalie Bélanger et Nathalie Pelletier. (Photo : Le Reflet du Lac - Patrick Trudeau)

ÉLECTIONS. Il y avait un air d’animosité dans le Vieux Clocher de Magog, ce soir, où les deux candidates à la mairie de Magog, Nathalie Bélanger et Nathalie Pelletier, étaient réunies lors d’un face-à-face présenté devant une salle comble.

Nathalie Bélanger n’a pas tardé à passer en mode attaque. Dès son mot de bienvenue, elle a reproché à son adversaire d’avoir qualifié certains confrères municipaux de «chaises vides» en raison de leur soutien à certains projets. «Qu’elle ne vienne pas me faire la morale sur le courage politique et le leadership rassembleur, quand j’entends que les gens qui ont voté oui sur certains projets sont des gens sans esprit d’analyse et que des chaises vides auraient été mieux. Elle vous insulte, vous, les citoyens, car c’est vous qui avez élu ces gens», a lancé Mme Bélanger, sur un ton sans équivoque.

Plus tard dans la soirée, Nathalie Pelletier a admis que son choix de mot n’avait pas été le meilleur lors de cette apparition publique. Toutefois, elle a critiqué cette sortie de «vieille politique», tout en affirmant ne pas avoir peur d’exprimer ses idées et de débattre avec ceux qui ont des opinions différentes. «Je parle beaucoup derrière les portes closes de l’hôtel de ville, je challenge, je remets en question et je fais la même chose en avant en public. Mon adversaire, au contraire, ne parle pas derrière et elle ne parle pas plus devant. […] Un élu doit avoir du caractère, expliquer son point de vue et débattre. Un élu ne doit pas manger dans la main de la mairesse. Ce ne sont pas des élus comme ça que je veux avoir autour de moi», a répliqué Nathalie Pelletier.

Sur le développement du centre-ville de Magog, les deux aspirantes ont partagé, sans surprise, des visions diamétralement opposées. Ce fut notamment le cas sur l’enjeu de location à court terme. Nathalie Bélanger croit que le centre-ville est le meilleur endroit pour ce type d’hébergement, tandis que Nathalie Pelletier est d’avis que les logements du centre-ville devraient être occupés uniquement par des résidents, comme des familles ou des gens vivant seuls.

En ce qui concerne les logements sociaux, Nathalie Bélanger a de nouveau montré les dents. Elle a accusé sa rivale «d’être en partie responsable» de la pénurie de logements sociaux à Magog, en raison de sa position lors d’un vote remontant à une douzaine d’années. «Je comprends d’où vient la première rumeur à mon égard, a aussitôt répondu Mme Pelletier. Car depuis que je suis en campagne, il y au moins cinq rumeurs qui sont fausses à mon égard. Je ne sais pas d’où ça vient, mais j’ai peut-être une petite idée ce soir. Et cette décision d’il y a 12 ans, ce fut une décision prise par tous les conseillers présents, incluant vous.»

À savoir si elles oseraient trancher, à titre de mairesse, sur des votes divisés comme ce fut le cas pour le projet de condos à l’ancien Rossy, les deux invitées ont de nouveau montré leurs différences. Nathalie Bélanger s’est dit ouverte à utiliser ce pouvoir si un projet respecte la vision de développement de Magog, à condition d’avoir au préalable consulté la population. Nathalie Pelletier, quant à elle, a fait savoir qu’elle n’aurait pas utilisé son veto pour le projet du centre-ville en raison des enjeux qui sont trop importants, surtout à la veille d’une élection.

D’ailleurs, Nathalie Pelletier a questionné le degré d’implication de la mairesse Vicki-May Hamm dans la campagne de sa rivale, alors que la question posée portait sur les alliances au sein du conseil municipal. «Quand mon adversaire m’avait annoncé sa candidature, elle m’avait dit qu’elle ne ferait pas d’équipe. Si on regarde tous les districts, il y a un élu qui est très près, soit de mon adversaire, ou de la mairesse actuelle. Cette dernière appuie sa grande amie et c’est correct. Mais de se mêler autant les deux mains dans la campagne, je me questionne sur l’autonomie de mon adversaire», a laissé entendre Mme Pelletier.

D’autres sujets ont également été abordés comme l’environnement, le développement de la plage des Cantons, le transport durable, l’aréna, la conversion de l’ancienne Dominion Textile, la mise aux normes de l’hôtel de ville, les problèmes de circulation au centre-ville et le surachalandage dans la rivière aux Cerises.

Notons que ce débat sera diffusé dans son intégralité sur NousTV dès demain à 14 h, 16 h 30 et 19 h 30. Et dès 22 h, il sera possible de le visionner sur la chaîne YouTube de Nous TV Magog.

Une version complète de cet article sera publiée dans la version papier du Reflet du Lac

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