Une épicerie sociale à vocation multiple
INAUGURATION. À l’heure où l’insécurité alimentaire ne cesse de gagner du terrain, la Banque alimentaire Memphrémagog (BAM) se réjouit de pouvoir doubler sa capacité d’accueil à ses quartiers de la rue Sherbrooke (à Magog) grâce à l’agrandissement de son épicerie sociale.
Après plus d’un an de travaux majeurs à l’intérieur même de ses locaux, l’équipe de la BAM a procédé le 27 janvier dernier à l’inauguration officielle de cette nouvelle épicerie, maintenant deux fois plus spacieuse.
Occupant la presque totalité du rez-de-chaussée, elle permet de recevoir jusqu’à quatre familles en même temps à chaque tranche de 20 minutes.

(Photo Le Reflet du Lac – Patrick Trudeau)
Les autres bureaux et salles de réunion de l’organisme sont dorénavant situés à l’étage.
“Avec 21% d’augmentation de la clientèle, il devenait impératif d’agrandir nos infrastructures. L’an dernier, nous avons livré l’équivalent de 500 000 repas”, a fait savoir la directrice générale de la BAM, Karine Beaupré.
“Et cette épicerie, ce n’est pas seulement des tablettes avec de la nourriture, a renchéri le président de la Banque, Marek Wakulczyk. C’est une façon d’aider des gens à croire en eux et à reprendre le contrôle de leur vie, sans jugement.”
35e anniversaire
Cette inauguration, précisons-le, coïncide avec le lancement des festivités entourant le 35e anniversaire de fondation de la Banque alimentaire Memphrémagog. Quelques activités thématiques auront lieu au cours de l’année 2026 pour souligner cette étape, dont le rendez-vous “Bulles et Ballons” le 16 juillet prochain, en partenariat avec Bleu Lavande.
Notons que les travaux ont été financés en bonne partie par la campagne de financement “Nourrissons les gens d’ici”, qui avait un objectif de 730 000 $. Au moment d’écrire ces lignes, on espère toujours amasser les 100 000 $ restants pour atteindre cet objectif.
Un taux inacceptable?
Présent à l’inauguration à titre de partenaire majeur, le directeur général des banques alimentaires du Québec, Martin Munger, s’est dit impressionné par le dynamisme des dirigeants, bénévoles et autres commanditaires associés au projet.
“Il faut avoir de l’audace pour réaliser des travaux comme ceux-là, tout en maintenant ses opérations quotidiennes. Malheureusement, ils deviennent nécessaires quand on constate que les gens dans le besoin sont toujours plus nombreux”, se désole M. Munger.
“Il y a actuellement un taux d’insécurité alimentaire de 20 % au Québec. Comme société et à l’aube des futures élections provinciales, on va devoir se poser la question : à partir de quel taux cette situation devient inacceptable? Une personne sur cinq qui a des difficultés à se nourrir, ça m’apparaît déjà beaucoup.”

La porte-parole de la BAM, Pascale Wilhelmy, a rappelé que personne n’était à l’abri d’un coup dur. (Photo Le Reflet du Lac – Patrick Trudeau)
Porte-parole de la BAM depuis plus de deux ans, l’autrice, journaliste et chroniqueuse Pascale Wilhelmy a rappelé que personne n’était à l’abri d’un coup dur. “À peu près tout le monde peut passer à travers un épisode difficile à la suite d’une perte d’emploi, de la maladie ou d’une séparation”, cite-t-elle en exemple.
“Personnellement, je n’ai jamais eu recours à une banque alimentaire. Mais j’ai déjà connu la “loto paiement”, soit une période où tu dois faire un choix entre l’épicerie ou le loyer, parce que tu n’as pas les moyens de payer les deux.”
“Un organisme comme la BAM, ça te permet justement de venir faire ton épicerie dans la dignité tout en retrouvant ton autonomie. Et c’est aussi une sorte de filet qui peut parfois nous empêcher de tomber”, conclut-elle.
