Une artisane d’Ayer’s Cliff construit des hôtels pour les insectes

Par Pierre-Olivier Girard
Une artisane d’Ayer’s Cliff construit des hôtels pour les insectes
Ces hôtels à insectes sont construits à la main, avec une matière première provenant d'Ayer's Cliff et des environs. (Photo : gracieuseté – Atelier Zabie)

CRÉATIONS. Malgré une clientèle atypique, une artisane «hôtelière» d’Ayer’s Cliff connaît un excellent taux d’occupation depuis qu’elle s’est lancée en affaires, en 2017. Il s’agit d’Isabelle Bérubé de l’Atelier Zabie, qui se spécialise dans la construction d’hébergements… pour les insectes.

La femme d’affaires s’est fait beaucoup d’amis «ailés» avec ses créations qui permettent, par exemple, aux abeilles solitaires d’avoir un endroit sécuritaire pour pondre leurs œufs. «Les abeilles solitaires sont différentes de celles qui fabriquent le miel. Leur rôle est d’assurer la pollinisation des plantes grâce à la collecte du pollen. Ces hôtels sont une façon de les aider à se reproduire, dans un contexte où plusieurs enjeux les affectent comme la déforestation et la pollution», explique celle qui a suivi un cours de lancement d’entreprise au CRIFA de Coaticook.

La beauté de ces installations fabriquées à la main, avec des matières premières locales, est qu’elles peuvent être installées pratiquement partout. Il n’est pas nécessaire de posséder de grande terre ou même un terrain, alors qu’un balcon en plein centre-ville peut très bien faire l’affaire. «Parfois, les gens ont une perception négative sur l’abeille avec la crainte d’être piqué. Mais l’abeille solitaire n’a pas de réserve de miel à défendre, précise la propriétaire. Si elle attaque, c’est vraiment parce qu’il y a un danger, un peu comme le bourdon. En plus, l’abeille ne dort pas dans les hôtels, qui ne servent qu’à pondre des œufs et à donner la vie.»

Isabelle Bérubé est la propriétaire de l’Atelier Zabie. (Photo gracieuseté – Atelier Zabie)

Ces «hôtels» peuvent aussi attirer d’autres types d’insectes. Ceux-ci peuvent s’avérer de véritables alliés pour tout jardinier puisque ces visiteurs mangent des insectes nuisibles, comme les pucerons. «Avec un hôtel à insectes, on crée littéralement une biodiversité. Cet équilibre permet d’avoir des jardins écologiques où l’utilisation de produit chimique n’est plus nécessaire. C’est la nature qui travaille pour nous», souligne l’entrepreneure.

En plus de ce volet, Isabelle Bérubé conçoit des abris pour les papillons, qui servent d’abris lors d’intempéries ou durant les longs mois d’hiver. Elle en a aussi pour les chauves-souris.  «Les gens sont toujours étonnés lorsque je leur explique ce que je fais, car ils n’ont aucune idée de quoi il s’agit. Pour moi, ça prouve qu’il y a encore beaucoup d’éducation à faire. C’est justement pourquoi je donne des formations et des conférences dans les écoles, en plus de mes capsules vidéo sur Internet. C’est important que les gens comprennent qu’il existe plein de petits gestes, comme celui des hôtels à insectes, pour aider la nature qui en a grand besoin», conclut-elle.

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