Un sauveur du PQ en mission dans Orford

POLITIQUE. Jocelyn Caron était là quand le Parti québécois (PQ) cherchait sa raison d’être. Il était présent lorsque les rangs se vidaient et que la survie même du parti semblait incertaine après les élections de 2018 et 2022. Il était même aux premières loges, ayant occupé des fonctions importantes au sein de la formation.

Le candidat du PQ dans Orford a été très impliqué dans l’état-major de cette formation de 2017 à 2023. Il a été secrétaire, vice-président, puis président de l’exécutif national du PQ.

Il a participé à deux campagnes électorales sous les couleurs péquistes. Il s’est incliné à autant de reprises avec 15% des voix à Laval-des-Rapides (2018) et 4% dans Nelligan (2022).

M. Caron rappelle qu’il s’agissait d’une période difficile pour le PQ, puisque le parti s’est effondré en n’obtenant que dix députés en 2018, perdant son statut de parti officiel à l’Assemblée nationale.

Humble, il estime néanmoins avoir joué un rôle central dans la reconstruction du PQ après une défaite électorale historique. Il table sur la « refondation » du PQ étroitement avec Paul St-Pierre Plamondon (PSPP), chef depuis 2020 et élu pour la première fois à Québec en 2022 avec seulement trois députés.

M. Caron est aussi le principal rédacteur du Livre bleu sur l’indépendance du Québec, un ouvrage de plus de 500 pages publié en 2026 sous la supervision de PSPP.

Cette longue démarche réjouit aujourd’hui le candidat dans Orford, puisque le PQ est depuis passé à sept députés, en plus de regagner sa cote de popularité auprès des électeurs.

« J’ai tenu le fort, mais il y a eu des moments où c’était dur, admet-il. Mais on avait du monde motivé, des jeunes, puis on a reviré toutes les pierres, puis on est passé au travers. Puis, après l’élection de 2022, moi, je savais que si Paul était élu, tout était possible. »

Détenteur d’une maîtrise en administration publique de l’École nationale d’administration (ÉNA) de France, d’une maîtrise et d’un baccalauréat en science politique de l’Université de Montréal, il se définit comme un généraliste appréciant la « finance responsable », ayant travaillé à titre de gestionnaire dans différentes organisations.

Natif de Montréal, M. Caron habite toujours cette région en compagnie de son fils de six ans. Il entend avoir un pied à terre dans Orford si les électeurs lui font confiance le 5 octobre.

UNE NOUVELLE MISSION

Après avoir fait partie de ceux qui ont travaillé à la renaissance de la machine péquiste, c’est dans Orford qu’il revient au premier plan avec une mission plus personnelle, soit de devenir député et « redonner à la société ».

« Je ne m’attendais pas à ça, mais notre chef trouve que j’ai le profil pour jouer dans la cour du chef libéral, Charles Milliard, et pour gagner un siège dans une circonscription qui n’a jamais élu de député péquiste. Je suis venu pour gagner une lutte à deux dans le comté contre les Libéraux», prévient-il

La première bataille à livrer pour la circonscription touche la santé, aux dires de M. Caron. « Comme député, je vais m’assurer qu’un gouvernement du PQ, qui a fait la promesse de doubler la part du soutien à domicile pour les aînés, respecte son engagement. »

C’est primordial à ses yeux, car la région enregistre la plus grande proportion de personnes aînées au Québec. « On est à presque 30%. C’est énorme. Les infrastructures de santé n’ont pas suivi l’augmentation qui va continuer. Mon travail comme député, ça va être de ramener la juste part dans Memphrémagog. »

Pour améliorer l’accès aux soins, le PQ veut former 200 médecins de famille de plus, puis ouvrir d’autres facultés de médecine en région.

« Il faut aussi décentraliser le réseau et rendre les choses plus faciles au niveau local. Ce qu’on désire, c’est donner aux régions et aux CLSC le pouvoir d’établir leurs priorités, puis arrêter de gérer ça de Sherbrooke, voire de Québec. On veut défaire Santé-Québec pour renvoyer ça dans les régions. « 

Le dossier du logement figure aussi au sommet de ses engagements. Il réclame évidemment plus de logements sociaux, comme ailleurs au Québec, mais Orford doit obtenir sa « part du gâteau ».

Le candidat péquiste dit se préoccuper de la qualité des infrastructures du gouvernement du Québec, notamment scolaires et du réseau de la santé. Il déplore de voir des écoles se dégrader, par exemple, malgré une hausse « fulgurante » de la population.

« L’augmentation de la population touche aussi les régions, spécifie-t-il. Comme député, je clamerai haut et fort auprès des ministres concernés qu’il faudra s’occuper de notre comté, parce qu’à un moment donné, les infrastructures ici vont craquer. »

Si vous aviez 100 millions de dollars à investir exclusivement dans Orford, où mettriez-vous cet argent?

« On construit une école primaire, un centre communautaire, puis un CPE dans Orford, on rénove La Ruche pour la remettre au niveau, on construit des logements sociaux, puis on se garde peut-être un 10 millions pour l’aide à domicile. »

Quel dossier actuellement sur la table dans Orford vous déplaît le plus?

« Le sud de la circonscription est à surveiller. L’indice de développement socio-économique cible des villes comme Potton, Ogden et Stanstead, qui sont vraiment plus pauvres. Il faut faire un plan Sud pour contrer cette dévitalisation, notamment à Stanstead. J’aimerais faire une concertation de tous les acteurs ou une forme de corporation de développement économique pour essayer de redynamiser ces secteurs. »

« Si on se promène dans les rues de Stanstead, ce n’est pas acceptable de voir des villes dans cet état-là. « 

Pourquoi les électeurs d’Orford devraient-ils vous choisir plutôt qu’un autre candidat?

 » Premièrement, parce que j’ai l’impression qu’on va probablement former le gouvernement. Alors, est-ce qu’on veut retourner dans l’opposition, ou on souhaite un député qui est au pouvoir? Un gouvernement, ça gouverne pour tout le monde, mais ça va être utile d’être à la tête de la province. »