Un rein comme cadeau de Noël

Par Vincent Cliche
Un rein comme cadeau de Noël
Isabelle Côté et son conjoint Mike Goyette pourront passer un temps des Fêtes sous le signe de la santé.

MARTINVILLE. Isabelle Côté passera un temps des Fêtes un peu plus en santé que par le passé. La Martinvilloise de 45 ans a en effet reçu la greffe d’un rein en novembre dernier. «C’est un cadeau inestimable, affirme la principale intéressée, en pleurant à chaudes larmes. Il y a quelqu’un, quelque part, qui a fait un don de soi. Je pouvais pratiquement voir ce rein, dans une boîte scellée, arrivé avec un chou dessus. J’en parle et je ne réalise pas encore ce qui m’est arrivé.» Tout a commencé il y a 18 ans L’histoire de la greffe d’un nouveau rein d’Isabelle a débuté il y a un peu plus de 18 ans, à la naissance de son deuxième enfant. «À partir de ce moment, j’ai voulu perdre un peu de poids. Je voulais être belle, belle, après l’accouchement, comme un peu toutes les mamans, je dirais. Dans ce temps-là, il y avait [un organisme] qui nous permettait de ravoir notre silhouette avec certains produits. En les prenant, on a découvert que ça attaquait mes reins, déjà probablement affaiblis.» Des tests ont ensuite démontré qu’elle était atteinte de la glomérulonéphrite à changement minime. «On me disait que, si tu mettais toutes les maladies de rein ensemble dans un chapeau, et que tu tirais celle-là, c’était la moins pire», raconte-t-elle. Pendant tout près de 18 ans, la maladie a bien été contrôlée, du moins, jusqu’au printemps 2017, où son état de santé s’est mis à dégringoler. «Ç’a été un choc total. Je ne m’en rendais pas compte, car je n’avais pas de mal. C’était les médecins qui me disaient que ça n’allait pas du tout. J’avais une rencontre tous les mois, et chaque fois, j’avais de mauvaises nouvelles. J’ai « crashé », j’ai pleuré tout le temps et je me questionnais à savoir pourquoi ça m’arrivait.»¸ Ses reins ont perdu une grande partie de leur efficacité, jusqu’en bas de 10 %. Ses frères se sont même offert de lui donner un rein, mais, malheureusement, ils étaient incompatibles. Alors qu’elle s’apprêtait à faire de la dialyse, un téléphone vient littéralement lui sauver la vie. «C’était le 20 novembre [dernier], se souvient-elle. Je m’en rappellerai toute ma vie. On m’a dit qu’on avait une greffe pour moi.» L’opération s’est déroulée le 22 novembre, mais non sans quelques petits pépins avant même qu’elle ne passe sous le bistouri. «On avait dit qu’elle aurait lieu vers 21 h, mais, cette journée-là, il faisait tempête. Le rein est arrivé trois heures plus tard.» Reprendre des forces Quand on lui demande quels projets l’attendent, la greffée répond simplement qu’elle «souhaite reprendre des forces». Elle voudrait également sensibiliser le plus grand nombre de personnes à signer leur carte pour le don d’organe. «Il ne faut pas avoir peur. Imaginez tout le bonheur que ça procurera», dit-el Une missive à la famille de la donneuse fera également partie de ses plans. «Je veux prendre le temps de bien penser à ce que je vais leur dire. Ça peut prendre des mois, voire même une ou deux années, mais ce que j’écrirai, ce sera ressenti. Si la famille décide ensuite de me rencontrer, je serai la femme la plus heureuse au monde. Sinon, je respecterai leur décision.» Finalement, le temps des Fêtes sera quelque peu spécial cette année chez Mme Côté. «J’ai décidé qu’on ne se ferait pas de cadeau cette année. On va fêter Noël, se mettre dans l’ambiance. Mais, le plus important, ce sera de célébrer la santé, la vie», conclut philosophiquement la nouvelle greffée.

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