Un couple de balbuzards attendu aux abords de l’autoroute 10
FAUNE. Le retour du printemps signifie l’arrivée prochaine de plusieurs oiseaux migrateurs qui ont passé les derniers mois dans le sud, loin des températures glaciales de l’hiver québécois.
C’est le cas notamment des balbuzards pêcheurs, qui sont relativement répandus dans la région estrienne. Les plus observateurs ont sans doute remarqué la présence d’un couple de cette espèce, qui a élu domicile depuis quelques années dans le secteur de la sortie 118 de l’autoroute 10, à Magog.
Ces oiseaux sont depuis fidèles à leurs habitudes en construisant leur nid au même endroit, c’est-à-dire sur un lampadaire où l’on distingue, au sommet, des matériaux qui ont été transportés sur place. Un lecteur du Reflet du Lac, Denis Mercier, a même fait parvenir au journal des photos du nid en question, lui qui contemple cette “faune ailée” par passion depuis belle lurette.
Biologiste au ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs, Virginie Logier-Paquette explique qu’il est commun pour les balbuzards pêcheurs de choisir une infrastructure en hauteur comme maisonnée.
“Ces oiseaux recherchent généralement des sites près d’un plan d’eau puisque, comme leur nom l’indique, ils s’alimentent de poissons. Ils peuvent installer leur volumineux nid dans un grand arbre, en pleine nature, mais aussi sur des structures d’origine humaine comme des lampadaires, des pylônes électriques et de grandes cheminées”, indique Mme Logier-Paquette.

Voici le lampadaire en question près de l’autoroute 10 où un couple de balbuzards pêcheurs élus domicile depuis quelques années. (Photo gracieuseté – Denis Mercier)
À savoir s’il est rare que ces volatiles s’installent aux abords d’une autoroute, où la pollution sonore est constante, Mme Logier-Paquette n’avait pas d’information précise à ce sujet. “Tant que les caractéristiques qu’il recherche sont rencontrées pour construire son nid, le balbuzard pêcheur va s’installer fréquemment à des endroits où il y a de la présence humaine. Le niveau de sensibilité peut être variable d’une espèce à l’autre. Mais si ces balbuzards choisissent un site près d’une autoroute, on peut assumer que ça leur convient”, déduit la biologiste.
Cette dernière précise que la période de nidification des oiseaux commence généralement vers le mois d’avril.
Le saviez-vous?
Le balbuzard pêcheur est une espèce dont la population au Canada a augmenté depuis les années 1970, entre autres grâce à la réduction de l’utilisation de certains pesticides, qui ont occasionné un déclin de l’espèce dans le passé. Cet oiseau migre vers le sud pour la saison hivernale, notamment au Mexique ainsi qu’en Amérique centrale et du Sud. Les balbuzards pêcheurs réutilisent fréquemment le même nid année après année, mais peuvent utiliser un site alternatif, par exemple lorsque le nid de l’année précédente n’est plus disponible.
(Source : MELCCFP)
