Un centre d’entraînement d’envergure internationale projeté au Mont-Orford

SPORTS. Célébrant ses 20 ans d’existence, le club Orford Freeriders (Team OFR) caresse de grandes ambitions pour le Mont-Orford et les champions de demain, en voulant y aménager un centre d’entraînement d’envergure internationale pour la pratique du ski et de la planche à neige acrobatiques et de style libre.

Le projet en question, réfléchi et travaillé depuis 2021, consiste à la création d’un site d’entraînement à même le terrain de la station de ski du Mont-Orford. L’infrastructure extérieure, ouverte à l’année, serait dotée d’un immense coussin gonflable (airbag) qui servirait de piste d’atterrissage pour les athlètes désirant pratiquer leurs manœuvres aériennes, sans risque de blessures.

On y trouverait également une pente synthétique quatre saisons, une remontée mécanique à câbles, des trampolines d’entraînement et un bâtiment multifonctionne.”Actuellement, le seul endroit au Québec où les athlètes de haut niveau peuvent s’entraîner est dans les Laurentides. Après, il n’y a rien d’autre, ni au Québec ni en Ontario. Le plus proche, c’est à Calgary ou en Europe. Les jeunes et leurs parents sont obligés de dépenser une fortune pour s’entraîner à l’autre bout du monde. Ça devient un sport élitiste et c’est ce qu’on veut régler”, partage le président de Team OFR, Frédéric Plamondon Simard.

Évaluant les coûts du projet à 3,5 M$, les promoteurs sont déjà bien avancés dans leurs démarches. Ils ont mis sur pied leur plan d’affaires et rencontré divers partenaires, tant dans le milieu de la construction que dans le domaine sportif.

La prochaine étape consiste à cogner à la porte des gouvernements pour obtenir du financement. “On veut déposer une demande de subvention au Programme d’aide financière aux infrastructures, récréatives, sportives et de plein air, qui couvrirait 66% du budget. C’est ce qu’il nous faut pour finaliser les dernières étapes avant de lancer les travaux. Dans un monde idéal, on débuterait le chantier au printemps 2027 en vue d’une ouverture à l’automne suivant ou à l’hiver 2028.”

Le président du club Orford Freeriders (Team OFR), Frédéric Plamondon Simard. (Photoi gracieuseté – Marco Bergeron)

Pour la communauté avant tout

S’ils souhaitent avant tout offrir une chance égale à tous les jeunes de la région de pratiquer ces sports de haute voltige, en s’inspirant des parcours d’anciens champions comme Lloyd Langlois ou Nicolas Fontaine, les artisans de Team OFR visent aussi à attirer une clientèle grand public.

Comme l’explique Frédéric Plamondon Simard, la vision est que ce parc d’entraînement devienne un lieu communautaire, accessible autant au skieur du dimanche qu’à la clientèle touristique. “On veut que ça soit ouvert au grand public et que tout le monde puisse venir l’essayer. Pour faire un saut sur le “airbag”, ça ne demande pas un niveau acrobatique élite. Ça ressemble à un coussin utilisé par les cascadeurs. Une personne qui est capable de se tenir debout sur des skis ou un “snowboard” peut l’essayer et passer du bon temps. On veut que ça devienne une activité parmi tant d’autres, comme aller faire du vélo ou de l’escalade”, illustre le président.

Des retombées majeures à l’horizon

Dès la première année d’opération, les responsables estiment être en mesure de générer des profits d’environ 200 000 $. Un montant qui pourrait même bondir jusqu’à 500 000 $ dans les meilleures projections.

Des revenus qui proviendraient notamment des équipes nationales d’un peu partout sur le globe, qui disposent de budgets importants pour leurs entraînements estivaux.

“Les retombées pour la région seraient majeures. Juste en nombre de nuitées, on peut facilement les estimer à 5000 dès la première année. Dans un scénario optimiste, j’ai calculé jusqu’à 15 000, mentionne celui qui est comptable de métier. Il faut comprendre que chaque équipe compte une vingtaine d’athlètes, plus leurs entraîneurs. Et ça ne compte pas les familles. Pour être dans le milieu depuis quelques années, j’ai déjà eu des discussions positives avec plusieurs équipes de l’Ontario et des États-Unis. L’intérêt et les besoins sont réels”, constate celui qui est également juge sur la Fédération canadienne de ski acrobatique.

Au-delà des retombées touristiques pour les hébergements et l’économie locale, Team OFR voit déjà Memphrémagog rayonner par la tenue de compétitions d’envergure, comme une étape de la Coupe du Monde FIS d’ici 2030. “On parle de 800 à 1500 nuitées sur une seule fin de semaine, des millions de dollars de retombées directes pour la région et une diffusion dans 60 pays. Ce serait la confirmation définitive d’Orford comme pôle d’excellence sportive international”, conclut M. Frédéric Plamondon Simard.