Rendre la planche à pagaie accessible à tous
SPORTS. Avec l’augmentation en popularité de la planche à pagaie, l’entreprise Vie de Plein Air à Magog a décidé de se munir d’une planche adaptée pour les personnes en situation de handicap. En collaboration avec la Fondation des sports adaptés (FSA), l’entreprise offre des balades accompagnées dans le Marais de la Rivière-aux-Cerises.
Depuis le début de la saison estivale, les personnes à mobilité réduite peuvent désormais s’aventurer dans les eaux du Marais de la Rivière-aux-Cerises en compagnie d’un bénévole. Elles peuvent contrôler elles-mêmes la planche ou, si elles le préfèrent, être accompagnées par un bénévole qui partagera la planche et dirigera l’embarcation.
Paralysée des membres inférieurs depuis sa jeunesse, Colette Jean a profité à plusieurs reprises de l’activité. Elle, qui semble maintenant une habituée, se réjouit de cette nouvelle option. “C’est extraordinaire, mentionne-t-elle. J’ai eu la chance de faire de la planche sur le marais, j’adore l’endroit. Nous avons aperçu un héron bleu, c’était magnifique.”
Pour les personnes handicapées, la pratique de ce sport demande beaucoup d’adaptation. ” Moi, je suis en mesure de contrôler toute seule ma planche, mais j’ai quand même besoin de l’aide de Marc, mon accompagnateur, pour ne pas trop dériver. Une grosse partie du défi est au moment de l’embarquement, c’est impossible pour moi de monter sur le “paddle” seul”, témoigne Mme Jean.
Originaire de Sherbrooke, elle se bat depuis plusieurs années afin de bonifier l’offre de matériel adapté.”Ça fait cinq ans que je suis en discussion avec la Ville de Sherbrooke dans le but d’obtenir des installations à la plage Blanchard. On a besoin de bouger nous aussi. J’ai la fibre du sport, je fais du vélo, du kayak, et je ne suis pas la seule.”
Mme Jean a perdu l’usage de ses jambes en bas âge à cause du virus de la poliomyélite.
La planche, fabriquée à Magog par Taiga, est facile d’utilisation et permet deux modes d’embarquement. Il est possible d’y installer directement de la chaise roulante de l’usager, ou bien encore d’y fixer une chaise adaptée à la personne.
Selon Cédric Martineau, propriétaire de Vie de Plein Air, ce sont les discussions avec l’athlète paralympique, Lyne Tremblay qui ont donné vie au projet. “Lyne s’entraîne ici depuis plusieurs années, c’est donc en discutant avec elle que l’idée nous est venue. Elle nous a ensuite mis en contact avec la FSA et depuis, en collaboration avec eux, nous offrons environ trois balades par jour.”
Pour lui, ce n’est pas qu’une opportunité d’affaires. “C’est l’occasion d’agrandir notre clientèle. Tous les jours quand on voit les sourires sur les visages des gens à mobilité réduite, c’est très gratifiant”, affirme M. Martineau.
L’initiative a vu le jour grâce au partenariat entre l’entreprise, la FSA et la Fondation circonflexe.
