Quand des triplets s’invitent par surprise

Par Pierre-Olivier Girard
Quand des triplets s’invitent par surprise
Sur la photo, les Orferois Roxanne Girard et son mari Alexandre Peck sont accompagnés de leurs enfants, soit Chloé, Félix, Maude, Antoine et Loïc. (Photo : (Photo gracieuseté))

TÉMOIGNAGE.  La vie a réservé toute une surprise à un couple du Canton d’Orford, à l’été 2021. Alors qu’il se préparait à accueillir un troisième membre dans la famille, ce sont finalement des triplets qui se sont pointés le bout du nez.

Ce scénario improbable est devenu la réalité de Roxanne Girard et Alexandre Peck depuis la naissance de Chloé, Félix et Loïc, le 11 juin. Heureusement, ils ont eu quelques mois pour se faire à l’idée, alors que la nouvelle est arrivée lors de la première échographie de 12 semaines. « En raison  de la pandémie, j’étais seule à l’écho lorsque la nouvelle est tombée. Mon chum ne me croyait pas, jusqu’au jour où il a eu la preuve en vidéo. Ce fut ensuite un choc pour nous deux! », lance en riant celle qui est infirmière clinicienne de carrière.

Comme l’explique la mère de famille, la nouvelle était aussi surprenante que préoccupante puisque la présence de trois embryons, de façon naturelle, rendait la grossesse à risque de plusieurs complications, tant pour la maman que les petits. Le couple avait jusqu’à la 14e semaine de grossesse pour décider s’il voulait conserver les trois enfants en raison des risques. « Ils nous ont proposé d’arrêter des cœurs, si on le voulait. Mais ça n’a jamais été une option que nous avons envisagée », affirme sans hésitation Roxanne Girard.

« L’un des risques est d’avoir des naissances prématurées, car en moyenne, les grossesses de triplets se rendent à 30 semaines. Mais dans ma tête, c’était hors de question que ça arrive. Je suis une personne tellement têtue que finalement, je me suis rendue à 35 semaines! Tant pour la grossesse que l’accouchement, nous avons été vraiment chanceux, car il n’y a pas eu de complications », explique-t-elle, en précisant que seule sa fille a été hospitalisée une douzaine de jours.

LE DÉBUT DU GRANDE AVENTURE

Avec deux autres jeunes enfants à la maison, soit Maude (5 ans) et Antoine (3 ans), l’arrivée de triplets a complètement chamboulé les habitudes de tous et chacun. Les journées sont devenues de véritables marathons, alors que les innombrables besoins d’un bébé naissant se sont multipliés par trois, et ce, sans compter toutes les tâches du quotidien. « Juste d’allaiter, c’est quand même quelque chose. J’en allaite deux à la fois, tandis que le troisième prend le biberon avec mon lait tiré au préalable. Le truc, c’est de les « timer » ensemble. Quand un s’endort, je couche les autres. Quand un réclame le boire, je fais boire tout le monde. La routine est programmée au quart de tour, sans quoi, c’est le bordel! », assure-t-elle.

Sans même le savoir, le couple semblait pourtant prêt à faire face à cet imprévu. Roxanne Girard possédait déjà une minifourgonnette, tandis que leur maison dispose de quatre chambres à coucher sur le même étage ainsi qu’un bureau, qui a été converti depuis. « Tout le monde nous dit que nous étions destinés à avoir des triplets tellement tout s’est fait facilement. À la base, on avait prévu avoir quatre enfants, alors nous avions bâti notre maison en conséquence. Au final, on a seulement un enfant de plus de ce qu’on avait prévu. C’est juste qu’ils sont arrivés en paquet plutôt que séparément! »

IMPOSSIBLE DE PASSER INAPERÇU

Pas besoin de dire que l’arrivée simultanée de trois bébés exige beaucoup d’organisation, et ce, même pour les tâches les plus banales. Par exemple, une simple sortie à l’extérieur peut vite devenir un véritable casse-tête. D’ailleurs, Mme Girard admet être bien souvent « confinée » entre les quatre murs depuis le début de son congé de maternité, alors que son mari est de retour au travail depuis déjà quelques mois. « Tout devient plus compliqué et exigeant. De traîner trois coquilles, c’est loin d’être évident. On essaie quand même de faire quelques activités en famille même si, quand on arrive quelque part, on dérange pas mal! Au moins, les gens sympathisent. C’est fini le temps où on passait inaperçu! », poursuit-elle.

APPRENDRE À DEMANDER DE L’AIDE

Malgré tous les défis, Roxanne Girard et son mari se considèrent « privilégiés » de vivre cette expérience hors de l’ordinaire. « Ce sont de supers de beaux moments en général et le plus important, c’est que tout le monde est en santé. De plus, on voit la complicité se développer, que ce soit les petits sourires ou lorsqu’ils se prennent la main. Ce que l’on vit, on sait que c’est vraiment spécial. »

Reste que dans un monde idéal, les Orferois aimeraient bien obtenir de l’aide d’une perle rare, qui accepterait de venir épauler Roxanne quelques heures pendant la semaine. Actuellement, des bénévoles de l’organisme Marraine Tendresse offrent de leur temps, mais leurs disponibilités diminueront dans les prochaines semaines. « C’est sûr que d’avoir un coup de main supplémentaire, ça ferait une énorme différence. Les petits bougent de plus en plus et je sens que ma fatigue ne fait qu’augmenter. S’il le faut, je vais être capable de me rendre jusqu’à la fin août, quand les enfants commenceront la garderie, mais j’aimerais juste éviter de me déplumer d’ici là », partage-t-elle.

« D’ailleurs, le meilleur conseil que je peux donner à des parents qui attendent des jumeaux ou des triplés comme nous, c’est d’avoir un bon réseau de soutien. Il faut s’entourer de bonnes personnes. Avant d’avoir des enfants, je n’étais pas quelqu’un qui était habitué à demander de l’aide. Mais j’ai appris à le faire par la force des choses et tout ce support, c’est vraiment la clé pour survivre », conclut-elle.

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