Projet sur la rue de Hatley: les opposants rejettent toute construction d’immeubles

HABITATIONS. Les opposants du projet de 17 immeubles et de 102 logements persistent et signent. Ils maintiennent leur total désaccord en demandant à la Ville de Magog de stopper immédiatement le dossier et d’acquérir ce boisé à des fins de conservation de la nature.

Rénald Bujold et Rose Marie Morales s’affichent comme porte-paroles de ce groupe. Usagers de longue date de ce boisé et de la piste cyclable, ils sont convaincus du bien-fondé de leur démarche pour protéger cette «forêt unique et riche en biodiversité». Selon eux, 17 immeubles, une phase 2 et peut-être une troisième étape avec d’autres bâtiments seront dévastateurs, plus particulièrement sur un terrain en pente, une généreuse faune et flore, des milieux humides et à deux pas de la rivière Magog.

«On demande aux élus d’avoir enfin une vision à long terme et de passer à l’histoire en créant un parc naturel à cet endroit, suggère M. Bujold. Leurs prédécesseurs ont eu du flair en achetant la pointe Merry il y a plus de 100 ans et en protégeant le marais de la rivière aux Cerises il y a 25 ans. On peut répéter ces grands gestes.»

«En pleine crise climatique, c’est un complet manque de vision de détruire des îlots de forêt urbaine qui existent encore à l’intérieur des villes», prévient Mme Morales.

Ce scénario demeure très plausible à leurs yeux. Ils citent en exemple des villes québécoises qui commencent à bloquer des projets immobiliers, à modifier des règlements de zonage et à rejeter l’étalement urbain. Ils citent aussi en exemple la Municipalité de Sainte-Julie qui a acheté un boisé à un promoteur en septembre 2021. Grâce à des subventions de 3,2 millions de dollars, la Ville n’a déboursé que 1,3 M$ afin de protéger cette zone de 4,2 hectares.

Malgré presque le double de superficie pour le terrain du promoteur Patrick Crépeau, les opposants sont convaincus que l’acquisition ne coûtera aucunement  les 5, 10 ou 15 M$ véhiculés par le conseil municipal.

Réplique de la Ville ici.

De courts délais

« Oui le temps presse, car le promoteur souhaite préparer une première rue dès l’automne prochain, prévient Mme Morales. L’espoir demeure, surtout qu’on a déjà réussi à ralentir le processus et à obtenir une séance d’information. »

On invite les gens à assister nombreux à la rencontre publique portant sur le projet immobilier, qui sera présentée à une date inconnue pour l’instant. M. Bujold espère que les citoyens auront suffisamment de temps pour réagir et commenter lors de cette soirée. Il espère aussi obtenir l’étude de caractérisation environnementale du secteur pour connaître sa valeur écologique.

M. Bujold et Mme Morales tiennent à dire que plusieurs citoyens partagent leurs préoccupations, même s’ils demeurent absents de l’espace public. «Nous sommes les porte-paroles de presque un millier de signataires inscrits sur deux pétitions», insiste Mme Morales.

Une marche pacifique de citoyens aura lieu le samedi 28 mai à 15 h, avec un départ de la rampe de mise à l’eau de la rivière Magog. L’objectif consiste à manifester le désaccord de citoyens face à ce projet immobilier. La population est invitée en grand nombre.

Info: rose.marie12@hotmail.ca