Projet sur la rue de Hatley: les opposants rejettent toute construction d’immeubles

Par Dany Jacques
Projet sur la rue de Hatley: les opposants rejettent toute construction d’immeubles
Rénald Bujold et Rose Marie Morales croient qu'il est encore temps de renverser la vapeur, même si les règlements de zonage autorisent déjà la construction des 17 immeubles et 102 logements dans ce boisé qu'on aperçoit sur cette photo. (Photo : Le Reflet du Lac - Dany Jacques)

HABITATIONS. Les opposants du projet de 17 immeubles et de 102 logements persistent et signent. Ils maintiennent leur total désaccord en demandant à la Ville de Magog de stopper immédiatement le dossier et d’acquérir ce boisé à des fins de conservation de la nature.

Rénald Bujold et Rose Marie Morales s’affichent comme porte-paroles de ce groupe. Usagers de longue date de ce boisé et de la piste cyclable, ils sont convaincus du bien-fondé de leur démarche pour protéger cette «forêt unique et riche en biodiversité». Selon eux, 17 immeubles, une phase 2 et peut-être une troisième étape avec d’autres bâtiments seront dévastateurs, plus particulièrement sur un terrain en pente, une généreuse faune et flore, des milieux humides et à deux pas de la rivière Magog.

«On demande aux élus d’avoir enfin une vision à long terme et de passer à l’histoire en créant un parc naturel à cet endroit, suggère M. Bujold. Leurs prédécesseurs ont eu du flair en achetant la pointe Merry il y a plus de 100 ans et en protégeant le marais de la rivière aux Cerises il y a 25 ans. On peut répéter ces grands gestes.»

«En pleine crise climatique, c’est un complet manque de vision de détruire des îlots de forêt urbaine qui existent encore à l’intérieur des villes», prévient Mme Morales.

Ce scénario demeure très plausible à leurs yeux. Ils citent en exemple des villes québécoises qui commencent à bloquer des projets immobiliers, à modifier des règlements de zonage et à rejeter l’étalement urbain. Ils citent aussi en exemple la Municipalité de Sainte-Julie qui a acheté un boisé à un promoteur en septembre 2021. Grâce à des subventions de 3,2 millions de dollars, la Ville n’a déboursé que 1,3 M$ afin de protéger cette zone de 4,2 hectares.

Malgré presque le double de superficie pour le terrain du promoteur Patrick Crépeau, les opposants sont convaincus que l’acquisition ne coûtera aucunement  les 5, 10 ou 15 M$ véhiculés par le conseil municipal.

Réplique de la Ville ici.

De courts délais

« Oui le temps presse, car le promoteur souhaite préparer une première rue dès l’automne prochain, prévient Mme Morales. L’espoir demeure, surtout qu’on a déjà réussi à ralentir le processus et à obtenir une séance d’information. »

On invite les gens à assister nombreux à la rencontre publique portant sur le projet immobilier, qui sera présentée à une date inconnue pour l’instant. M. Bujold espère que les citoyens auront suffisamment de temps pour réagir et commenter lors de cette soirée. Il espère aussi obtenir l’étude de caractérisation environnementale du secteur pour connaître sa valeur écologique.

M. Bujold et Mme Morales tiennent à dire que plusieurs citoyens partagent leurs préoccupations, même s’ils demeurent absents de l’espace public. «Nous sommes les porte-paroles de presque un millier de signataires inscrits sur deux pétitions», insiste Mme Morales.

Une marche pacifique de citoyens aura lieu le samedi 28 mai à 15 h, avec un départ de la rampe de mise à l’eau de la rivière Magog. L’objectif consiste à manifester le désaccord de citoyens face à ce projet immobilier. La population est invitée en grand nombre.

Info: rose.marie12@hotmail.ca 

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Magog écarte l'option d'acheter et de créer un parc sur la rue de Hatley - Le Reflet du Lac
1 mois

[…] L’idée a été lancée par les opposants à la construction de 17 immeubles et de 102 logements.  L’objectif de Renald Bujold et de Rose Marie Morales consiste à protéger un boisé qu’ils considèrent très important de conserver pour des raisons environnementales. (Voir autre texte). […]

reginald beland
reginald beland
1 mois

Ça va couter cher en votes pour la mairesse Pelletier aux prochaines élections. Le l’ai choisi lors des précédentes parce qu’elle avait un discourt de « conservation » alors que son opposante et l’ex mairesse ne donnaient d’importance exclusivement qu’au « développement » pour la ville de Magog et pour leurs amis promoteurs et commerçants. En 2022, l’économie n’est plus le point central de notre communauté. L’environnement doit être considéré comme la priorité des dossiers de la marie. Un parc nature urbain comme celui-ci doit absolument être protégé et le projet domiciliaire relocalisé dans une zone loin d’un milieu humide, d’un boisé et de la rivière Magog. Ça ne fera pas de peine au promoteur si la Ville lui achète ses terrains : tout ce qu’un promoteur veut, c’est faire des $$$.

Daniel Gagnon
Daniel Gagnon
1 mois

L’impuissance de la Ville de Magog dans ce dossier est attristante et décevante. C’est une mauvaise nouvelle pour la suite des politiques environnementales et pour une meilleure planification urbaine de la part de la Ville. C’est un signal que les promoteurs peuvent mener le jeu sans être inquiétés et qu’ils peuvent impunément envahir nos espaces vitaux. Il s’agit pourtant d’enjeux cruciaux dans l’urgence climatique qui est en train de nous tuer.

Last edited 1 mois by Daniel Gagnon
Daniel Gagnon
Daniel Gagnon
1 mois

L’impuissance de la Ville de Magog dans ce dossier est attristante et décevante. C’est une mauvaise nouvelle pour la suite des politiques environnementales et pour une meilleure planification urbaine de la part de la Ville. C’est un signal que les promoteurs peuvent mener le jeu sans être inquiétés et qu’ils peuvent impunément envahir nos espaces vitaux. Il s’agit pourtant d’enjeux cruciaux dans l’urgence climatique qui est en train de nous tuer à petit feu…C’est un problème récurrent, qui revient constamment parce que les Villes (en outre, au niveau provincial, la Caq de François Legault s’est fait élire sans programme environnemental) n’ont pas la volonté politique de contrer la dégradation de nos habitats naturels en raison de l’activité humaine et des projets immobiliers basés sur le seul profit d’investisseurs peu préoccupés des enjeux cruciaux des changements climatiques…

Last edited 1 mois by Daniel Gagnon