«Poutine me fait peur»

Par Dany Jacques
«Poutine me fait peur»
Pol Bergevin a été attaché à la défense pour l'Ambassade du Canada à Moscou, à Paris, en Finlande et en Suisse.  (Photo : Le Reflet du Lac - Dany Jacques)

POLITIQUE. Un militaire de carrière à la retraite, Pol Bergevin, observe la guerre en Ukraine avec inquiétude. Lui qui a habité Moscou de 1983 à 1985 n’accorde aucune confiance aux Russes, ni à leur président Vladimir Poutine, qui lui fait carrément peur.

M. Bergevin parle en connaissance de cause. Il a occupé d’importants postes sur la scène internationale, comme celui d’attaché à la défense pour l’Ambassade du Canada à Moscou, à Paris, en Finlande et en Suisse. Il relevait directement du gouvernement canadien pour conseiller les diplomates sur le plan militaire.

Il craint une détérioration du conflit en Europe si Poutine s’entête à envahir l’Ukraine. «Les Russes ont réussi à convaincre leur population du bien-fondé de cette guerre, et qu’elle vivra mieux après l’avoir envahie, résume M. Bergevin. De plus, la Russie est une puissance nucléaire. Les menaces à peine voilées de recourir à cet arsenal destructeur m’effraient énormément.»

Pol Bergevin ne fait aucunement confiance au président Poutine pour plusieurs raisons. L’une d’entre elles est que ce politicien russe considère l’éclatement de l’ancienne Union soviétique comme la plus grande catastrophe du 20e siècle. «Il souhaite rétablir cette grande puissance pour qu’elle redevienne aussi influente que la Chine et les États-Unis d’aujourd’hui, s’inquiète-t-il. Ça donne une idée de sa mentalité, et c’est dangereux, car il pourrait prendre tous les moyens à sa disposition pour arriver à ses fins.»

Ce militaire à la retraite a l’impression que les Russes redeviennent aussi opprimés qu’au moment où il habitait Moscou de 1983 à 1985. «On avait l’impression que la population vivait presque au Tiers-Monde à l’extérieur de Moscou, dans la misère et la pauvreté, se rappelle-t-il. Moi et ma femme, on vivait dans un appartement dans des conditions difficiles. On devait s’écrire pour communiquer, car nous étions sous écoute.»

Pol Bergevin espère que le Canada profitera de ce conflit pour augmenter son budget consacré à la défense, d’autant plus qu’il s’agit du second plus grand pays au monde et d’un pays cofondateur de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN). «Nous partageons aussi une frontière avec la Russie et nous devons protéger notre passage nordique convoité par plusieurs pays au lieu d’être parmi les derniers de classe en matière militaire.»

Pol Bergevin a également été commandant d’unité d’infanterie, parachutiste et officier d’état-major. Il a aussi dirigé une mission de l’ONU entre l’Inde et le Pakistan.

Texte sur la campagne des coquelicots et sur les commémorations du Jour de l’Armistice ici.

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Daniel Gagnon
Daniel Gagnon
1 mois

On voit que la Russie est en train de perdre du terrain et la seule arme qui lui reste est de faire peur, avec la menace de ses armes, l’arme du gaz pour faire geler l’Europe et l’Ukraine, l’arme du blé (elle le vole aux Ukrainiens) pour affamer les pays les plus démunis, l’arme de l’hiver, du terrible hiver en bombardant les infrastructures civiles énergétiques ukrainiennes, ce qui constitue un crime de guerre. Et bien sûr il reste la menace de l’arme atomique brandie dès février par le potentat du Kremlin, et sans cesse mise en avant depuis l’invasion russe illégale du pays souverain qu’est l’Ukraine, cela pour frapper les esprits par la terreur. Ce qu’il faut comprendre, c’est qu’il ne s’agit pas seulement d’une guerre périphérique, aux limites de l’Union européenne, il s’agit d’une guerre pour la domination du monde. Le militaire Pol Bergevin a raison de craindre Poutine, le dictateur sanguinaire du Kremlin: il faut absolument l’arrêter et le neutraliser, avant qu’il ne soit trop tard et pour cela fournir le plus d’aide possible à l’Ukraine si courageuse.

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