«Parlons de pauvreté»
COMMUNAUTAIRE. Une centaine de personnes se sont rassemblées au parc des Braves et au Théâtre Magog, mardi (9 décembre), pour faire avancer la lutte contre la pauvreté et dénoncer les préjugés qui y sont associés.
L’objectif de cette journée de réflexion consistait à renforcer la mobilisation en vue des prochaines élections provinciales prévues dans moins d’un an. “Le gouvernement doit agir, car la lutte contre la pauvreté ne peut reposer uniquement sur les organismes et les citoyens”, explique la porte-parole de la Table d’action contre l’appauvrissement de l’Estrie (TACAE), Rosalie Dupont.
Cette action publique de visibilité s’inscrit dans la campagne “Le discours doit changer! Parlons de pauvreté”. Elle est menée par le Collectif pour un Québec sans pauvreté et actuellement en tournée provinciale. Ce groupe était accompagné de représentants d’organismes memphrémagogois, de Brome-Missisquoi et de la TACAE pour une journée de réflexion et d’action visant à faire évoluer le discours public sur la pauvreté.
La situation est critique en Estrie, s’inquiète Rosalie Dupont. Elle chiffre l’augmentation des demandes d’aide alimentaire à 49 % et une hausse de 50 % du nombre de personnes en situation d’itinérance visible dans les municipalités urbaines et rurales. “Nous faisons face à une véritable crise sociale, déplore-t-elle. L’indifférence de nos gouvernements nourrit la détresse de toutes celles et ceux qui voient leur qualité de vie fondre comme neige au soleil.”
Amélie Hudon, agente de développement communautaire à la CDC Memphrémagog, constate également que la pauvreté est de plus en plus visible depuis quelques années dans la région, autant à Magog qu’en zone frontalière.
Les messages sur les affiches étaient d’ailleurs sans équivoque. On lisait notamment des phrases-choc comme «Choisir la vie avant les profits», «On veut un logis, pas un taudis» et «Vivre criss, pas juste survivre».
Rosalie Dupont souhaite que le gouvernement joue un rôle plus actif dans la lutte contre la pauvreté plutôt que de couper l’aide sociale aux demandeurs d’asile et de sabrer les services publics en santé et en éducation. “Québec devrait plutôt mettre en place des mesures qui pourraient permettre d’améliorer le sort des ménages les plus pauvres”, insiste-t-elle.
En plus de briser les préjugés et de rendre visible la dure réalité de personnes vulnérables, cette tournée provinciale met aussi de l’avant le «Manifeste pour un Québec sans pauvreté». Ce document rappelle que la pauvreté est une atteinte à la dignité et aux droits fondamentaux. Il réclame également un revenu couvrant les besoins de base, un salaire minimum décent, une Politique globale en habitation, etc.
