Monique Allard: fidèle à ses convictions, envers et contre tous

Par Patrick Trudeau
Monique Allard: fidèle à ses convictions, envers et contre tous
La candidate péquiste Monique Allard a mené plusieurs batailles syndicales avant de se lancer dans l'arène politique. (Photo : Le Reflet du Lac - Dany Jacques)

PORTRAIT. On ne pourra jamais reprocher à Monique Allard de vivre dans la demi-mesure. Que ce soit pour faire valoir l’option souverainiste ou encore défendre le réseau des services de garde, la candidate du Parti québécois (PQ) dans Orford est toujours prête à monter – gentiment – aux barricades et surtout, elle demeure fidèle à ses convictions.

NDLR : En marge du scrutin provincial du 3 octobre prochain, le Reflet du Lac vous présente cette section spéciale contenant les portraits des candidats des cinq principaux partis dans la circonscription d’Orford.

Ces reportages, qui ciblent autant l’aspect personnel que politique, ont pour but de vous faire connaître les candidats sous un jour différent.

À noter que les portraits apparaissent en ordre alphabétique, selon le nom de famille.

 

Même si le PQ se situe loin dans les intentions de vote (selon les sondages) et que la ferveur nationaliste semble perdre du terrain année après année, Mme Allard garde son discours intact. « On veut avoir un pays, mais ça ne veut pas dire qu’on veut être en chicane. Au Québec, on est différent comme peuple par rapport aux autres provinces. Si on était séparé, peut-être qu’on s’entendrait mieux et qu’on apprendrait à s’entraider davantage », fait-elle valoir.

« Plusieurs études démontrent que c’est en Scandinavie où les gens sont le plus heureux et ce, dans des pays de la même taille que le Québec », cite en exemple la candidate magogoise.

Deuxième campagne en trois ans

Âgée de 71 ans, Monique Allard participe à une deuxième course électorale en l’espace de trois ans. En 2019, sous les couleurs du Bloc québécois, elle avait terminé en deuxième place dans Brome-Missisquoi tout juste derrière la libérale Lyne Bessette. Elle avait même mené une bonne partie de la soirée, avant de finalement s’incliner par à peine 2000 voix d’écart (34 % du vote vs 38 %).

« La campagne fédérale avait été assez épuisante. J’avais décidé de faire du porte-à-porte et je me suis rendue compte que le comté de Brome-Missisquoi était immense », rappelle-t-elle en riant.

« J’ai tout de même conservé la méthode du porte-à-porte pour l’actuelle campagne, car selon moi, c’est la meilleure façon de prendre directement le pouls des électeurs, de les écouter. En plus, j’adore marcher et je suis en pleine forme. Et il faut l’avouer, la circonscription d’Orford est moins vaste », ajoute-t-elle sur le même ton.

Vie syndicale bien remplie

Originaire de la Rive-Sud de Montréal, Monique Allard a mené une vie professionnelle bien remplie au sein de Postes Canada, avant de prendre sa retraite en 2008.

Embauchée en 1975 dans un milieu presque exclusivement masculin, elle deviendra par la suite la première femme à occuper le poste de dirigeante syndicale au Québec. Elle réussira d’ailleurs à se faire élire à trois reprises, sans jamais subir la défaite. « Pour gagner une bataille, il faut tenir une minute de plus que l’autre », philosophe-t-elle.

Se distinguant dans ses fonctions syndicales, elle est appelée à voyager dans d’autres pays et elle déménage à quelques reprises à travers le pays.

« J’ai même habité en Alberta dans les années 1990, toujours dans le cadre de mon travail. J’avoue par contre que cette étape a été plus difficile. C’était l’époque où Lucien Bouchard et le Bloc québécois représentaient l’opposition officielle à Ottawa. Ce n’était pas évident, dans l’Ouest, pour une francophone qui arrivait du Québec », se remémore celle qui a aussi travaillé dans les Territoires du Nord-Ouest.

Interpellée par les droits humains

Depuis le début de sa vie d’adulte, Mme Allard a constamment été guidée par le souci de servir les autres.

« L’aspect humain a toujours été mon cheval de bataille. Autant lorsqu’on parle des aînés, dont plusieurs souffrent d’un manque de moyens financiers, que lorsqu’il s’agit des enfants. Au cours des dernières années, j’ai d’ailleurs aidé à mettre sur pied le CPE Les Petits Memphrémagog (à Magog) », indique-t-elle.

Incidemment, c’est à la suite d’une remise en question du réseau des services de garde (par le candidat conservateur) que Monique Allard s’est le plus enflammée lors du débat de la circonscription d’Orford, le 12 septembre dernier au Vieux Clocher. « Les propos du représentant du PCQ m’ont vraiment interpellée. Je ne peux pas accepter qu’on saborde un réseau qui fonctionne très bien. On (les femmes) a travaillé tellement fort pour en arriver là. Si on met un terme aux subventions, ce sera la fin des CPE. Il n’est pas question de revenir en arrière », plaide-t-elle avec vigueur.

Tout au long de l’entrevue, ce sera toutefois le seul reproche que Monique Allard adressera à l’un de ses adversaires, sachant à quel point il peut être difficile de se lancer dans une course électorale. « En politique, ça prend du courage pour mettre son visage sur une pancarte », conclut-elle sur un ton empreint de respect.

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