Menuiserie de l’Estrie déménage après cinq décennies d’histoire
AFFAIRES. Présente à Magog depuis 47 ans, l’entreprise familiale Menuiserie de l’Estrie (MDE) a récemment amorcé un nouveau chapitre de son histoire avec un investissement de 4,5 millions de dollars dans le parc industriel de Magog. Un projet qui se base sur la volonté du propriétaire d’assurer sa croissance et son développement localement.
Le propriétaire Francis Labbé a quitté ses vieux et étroits locaux de la rue L’Archevêque pour prendre un nouvel élan et répondre à une demande grandissante. Cette démarche lui a permis de passer de 18 à 30 employés dans le parc industriel de Magog, en juillet 2025.
La superficie a presque doublé, et pourrait atteindre les 40 000 pieds carrés d’ici trois ou quatre ans. La main-d’œuvre grimperait à 40 personnes avec une future expansion.
Confrontée à un manque d’espace, MDE devait bouger pour suivre le rythme de son chiffre d’affaires, qui a doublé depuis cinq ans pour se rendre à six millions de dollars. «Le déménagement et les possibilités d’agrandissement me permettront d’atteindre mon objectif de 12 M$ à ma retraite dans cinq ans, prévoit M. Labbé. D’ici là, je pense aussi au marché ontarien.»
L’entreprise existe depuis 1979. Elle a été fondée par Normand Labbé et reprise par ses deux fils, Francis et Dany, en 2005. Francis est dans la compagnie depuis 32 ans. Il prépare tranquillement la relève en ayant récemment cédé des parts à trois jeunes coactionnaires de 26 à 31 ans. Il s’agit de Mathieu St-Pierre, Francis Chassé et Gabriel Kerouac.
La transition semble assurée à la direction. Cependant, M. Labbé juge plus difficile de recruter des travailleurs sur le plancher. L’automatisation et l’embauche de six employés étrangers lui ont simplifié la tâche. «Il n’y a pas assez d’ouvriers maintenant pour te permettre de fonctionner à l’ancienne, résume-t-il. Il faudrait valoriser davantage les métiers manuels et faciliter l’intégration des travailleurs étrangers.»
Voilà pourquoi Francis Labbé dorlote ses ouvriers pour les garder avec lui. Son taux horaire oscille entre 30$ et 35$. Il contribue à leur fonds de pension et a instauré un système de remise de bonis. Plusieurs bornes de recharge électriques extérieures alimentent les véhicules des employés pendant leur quart de travail. Il donne un crédit de 1000 $ à quiconque se procure une voiture électrique ou hybride. Bottes et vêtements de travail sont fournis. Un voyage à Cuba a été organisé il y a deux ans.
«Je ne veux pas perdre mes employés, insiste le patron. La valeur d’un salarié pour moi est probablement supérieure à bien des entreprises.»
Il invite les gens d’affaires de la région à imiter son type de gestion. Il souhaite également que la société stimule davantage la fibre entrepreneuriale de la relève.
MDE œuvre dans l’ébénisterie d’art haut de gamme. Elle fabrique principalement des portes d’entrée, intérieures et de garage en bois. Tout est fait sur mesure pour sa clientèle majoritairement estrienne, mais aussi de Montréal et des Laurentides.
Les tarifs douaniers n’affectent pas MDE, car sa matière première se compose surtout de bois exotique, et non pas de bois d’œuvre.
La Ville de Magog a récemment remis une subvention de 25 000 $ à MDE pour augmenter la production et accélérer la croissance de l’entreprise.
