Martinets ramoneurs : la nouvelle cheminée séduit la colonie

ENVIRONNEMENT. Le dossier des martinets ramoneurs a récemment franchi une étape positive. La colonie de quelque 200 oiseaux apprivoise lentement la nouvelle cheminée de l’Espace Saint-Luc, incitant ainsi le Service canadien de la faune à autoriser la destruction de la vieille cheminée greffée au vieux bâtiment situé au coin des rues Saint-Luc et Brassard.

Il faudra donc faire preuve de patience avant d’officiellement crier victoire, aux dires de la chargée de projet en environnement de la Ville de Magog, Marilyne Guillemette. Le déplacement de cet habitat semble un bon succès jusqu’à maintenant pour protéger cette espèce en péril, convient-elle. Cependant, ça pourrait prendre des années avant de conclure que ces martinets ramoneurs ont bel et bien adopté leur nouvel habitat. On n’a aucun contrôle sur la nature.”

Le printemps prochain sera une étape déterminante. C’est à ce moment qu’on en saura un peu plus sur l’intérêt de tous ces oiseaux migrateurs pour leur nouvelle maison, étant donné que la vieille cheminée est désormais complètement fermée avant une éventuelle démolition.

L’autorisation du Service canadien de la faune rouvre la porte aux promoteurs qui souhaitent démolir un ancien bâtiment et construire un immeuble à logements sur le terrain voisin du Centre des services techniques de Magog. “Ce chantier pourra s’activer parallèlement à l’adaptation des oiseaux vers leur nouvel habitat”, assure Mme Guillemette.

Des plans de construction avaient précédemment été approuvés par la Ville, mais le Service canadien de la faune avait plutôt interrompu, en novembre 2024, la démarche des gens d’affaires locaux afin de sauvegarder cette espèce en voie de disparition.

En collaboration avec la Ville de Magog et le Zoo de Granby, les promoteurs immobiliers ont érigé une cheminée refuge de 35 pieds un peu en retrait dans l’Espace Saint-Luc. L’objectif était de les attirer dans cette nouvelle maison dès le retour printanier de cet oiseau migrateur. Estimée à 120 000 $, la facture a été partagée presque à parts égales entre la Ville et les promoteurs privés.

Aucune décontamination, ni démolition, ni construction n’étaient possibles sans que les oiseaux apprivoisent leur domicile tout neuf.

Maintenant que le dossier chemine bien, la Ville ajoute 11 000 $ sur 4 ans (50 % des coûts) pour suivre l’évolution de la population des martinets et vérifier si la colonie d’origine utilise bel et bien la nouvelle cheminée. Les élus souhaitent également constituer des données scientifiques à long terme.

Le projet d’un immeuble à 32 logements a été mis sur pause en raison de l’enjeu environnemental. Les promoteurs peuvent désormais relancer leur projet. Ils pourraient revenir avec les mêmes plans ou une proposition différente. ” Aucun nouveau dossier en ce sens n’a été remis sur la table du conseil “, selon la mairesse Nathalie Pelletier.

Porte-parole des promoteurs, Jessie Kendall apprécie la tournure des événements. Elle préfère cependant réanalyser le dossier en profondeur avec ses partenaires avant de dévoiler des plans plus récents. Notre intention est de construire, mais il reste encore quelques étapes à franchir avant de préciser le nombre d’unités d’habitation “, explique-t-elle.