Magog: des arbres en santé seront abattus par mesure préventive

Par Pierre-Olivier Girard
Magog: des arbres en santé seront abattus par mesure préventive
Josiane K. Pouliot (Photo : Le Reflet du Lac - Pierre-Olivier Girard)

ENVIRONNEMENT. Même si la présence de l’agrile du frêne n’a pas encore été détectée à Magog, la Ville agira en prévention dès cet automne en amorçant l’abattage d’une cinquantaine de frênes dans ses parcs municipaux. Quelque 400 arbres supplémentaires devront subir le même sort au cours de la prochaine décennie.

Contrairement à d’autres municipalités qui doivent combattre cet insecte envahisseur, la Ville de Magog a encore du temps devant elle pour se préparer à la menace. Mais, un jour ou l’autre, ce petit coléoptère tueur de frênes fera ses premières victimes en sol magogois, selon la coordonnatrice de la Division environnement, Josiane K. Pouliot.

«Ce n’est qu’une question de temps, surtout que l’on en retrouve non loin d’ici, comme à Sherbrooke. Notre stratégie est de ne pas attendre et d’agir immédiatement en coupant une cinquantaine d’arbres annuellement», assure Mme K. Pouliot.

Cette dernière précise que l’option d’un traitement antiparasitaire, qui a aussi été évaluée, n’aurait pas apporté d’avantages à long terme. «Le traitement permet seulement de gagner du temps, soit une dizaine d’années. C’est un simple pansement, d’autant plus que les coûts sont assez importants. Plutôt que de mettre un budget dans une solution temporaire, on a choisi d’investir dans des arbres de remplacement de bonne qualité et de bonne taille», ajoute-t-elle.

 

Également sur les terrains privés

Afin de remplacer les quelque 450 frênes qui seront abattus dans ses parcs, la Municipalité replantera des arbres de «deux à trois pouces de diamètre», d’une valeur de 600 $ l’unité. La stratégie pour combattre l’agrile du frêne entraînera donc des dépenses de plus de 250 000 $.

Les autorités municipales encourageront aussi les citoyens qui possèdent des frênes sur leur propre terrain à poser les mêmes gestes.

Jusqu’à maintenant, plus de 500 de ces arbres ont été répertoriés en façade des propriétés privées du milieu urbain.

«On ne veut pas imposer une coupe drastique sur le terrain des gens, comme l’ont fait d’autres municipalités. Notre vision est plutôt de laisser la population faire sa propre stratégie. Notre rôle sera d’accompagner les citoyens pour s’assurer que les coupes et la gestion des résidus se font de la bonne façon. On veut aussi les sensibiliser sur la préservation du couvert forestier et de l’importance de planter des arbres à sa maison», conclut Josiane K. Pouliot.

De l’information à ce sujet sera d’ailleurs donnée le 11 juin prochain dès 19 h, à l’hôtel de ville, lors d’une soirée de consultation publique portant sur une nouvelle réglementation.

 

Pas de coupe drastique à la pointe Merry

Même si plusieurs frênes sont situés dans le parc de la Baie-de-Magog, il ne s’agit pas de la seule espèce d’arbre présente sur la promenade, longeant le lac Memphrémagog. Ainsi, les citoyens qui craignent une coupe drastique à la pointe Merry, par exemple, peuvent se rassurer. La majorité des arbres de grande taille dans ce secteur parc seront épargnés, du moins, selon l’inventaire fait par la Municipalité. Cette dernière assure également que tout le processus d’abattage se fera de manière rigoureuse et dans un souci de préservation des paysages.

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Guillaume Dubois
Guillaume Dubois
3 années

Il s’agit d’une mauvaise décision pour plusieurs raisons, pas fort. La ville devrait commencer par essayer de détecter l’insecte le plus tôt possible. L’abattage préventif ne fait que supprimer les bien faits écologiques qu’apporte encore ces frênes. La ville les coupent mais elle ne sait pas si l’agrile est arrivée sur le territoire…… De dire que le traitement représente des coûts assez important, c’est vrai mais Il a été aussi calculé qu’il s’agit du même prix pour traiter un arbre sur 12ans ou de le couper, essoucher et le remplacer, Enfin, au niveau des arbres de remplacement, c’est pas mieux. Tout le monde s’entend en horticulture pour dire que les arbres de plus petit calibre reprennent mieux que les gros calibre ( aux coûts assez important). Pas impressionné par la stratégie de Magog.