Logement : Magog construit trois fois plus que prévu

URBANISME. Près de 600 unités d’habitation ont été ou sont sur le point d’être construites sur le territoire magogois. Cette donnée tirée du bilan 2025 équivaut presque au triple de la cible annuelle que la Ville de Magog s’était fixée à l’automne 2023, afin de faire face à la crise du logement.

“On trouvait ambitieux notre objectif de 230 logements par année pour contrer la pénurie de logements, signale la mairesse Nathalie Pelletier. Tripler notre cible a aussi fait en sorte que notre taux d’inoccupation a augmenté pour atteindre un seuil moins critique sous les 4%.”

Mme Pelletier se base sur ces statistiques pour motiver la décision des élus de réduire la cadence, de freiner la densification et de s’ajuster pour se donner le temps de bien définir une vision d’aménagement du territoire.

Mme Pelletier confirme le réalignement et le pas de reculrécemment adoptés par le conseil en raison des multiples dossiers immobiliers soumis à la Ville. On n’a pas le choix de prioriser, affirme-t-elle. Tous les projets arrivent en même temps et on ne peut pas tous les faire. On souhaite aussi protéger nos milieux naturels et paysagers, en plus de maintenir un équilibre entre le dynamisme du développement immobilier et la préservation de notre identité.

Étant donné que de multiples promoteurs cognent simultanément à la porte de l’Hôtel de Ville, les élus magogois optent pour une réglementation plus costaude pour réduire le nombre de permis de construction. On le constate depuis quelques semaines dans les résolutions adoptées par le conseil municipal, tout comme dans la récente version modifiée de la Planification stratégique 2024-2020.

ADOPTION D’UN RÈGLEMENT DE CONTRÔLE INTÉRIMAIRE

L’Administration municipale entérinera aussi un projet de règlement de contrôle intérimaire (RCI) pour préserver sa vision d’aménagement, le 4 mai prochain. Cet outil réglementaire vise à encadrer temporairement certains types de construction. Ces mesures sont transitoires, mais elles sont immédiatement appliquées.

Ce règlement s’inscrit dans une réflexion plus large sur l’évolution du cadre urbanistique magogois, mais aussi en attendant la fin de la démarche liée à la future Politique de développement urbain.

Le RCI nous évitera aussi de mauvaises surprises, comme on le voit sur les rues Saint-Mathieu et Saint-Patrice Est, se désole la mairesse Pelletier. Il est trop tard pour ces dossiers, mais ces ajustements permettent de modifier des projets prévus, par exemple, aux Quatre-Fourches et face au Carrefour Santé Globale.

Ces règles seront plus musclées dans trois zones stratégiques de la ville. Les élus souhaitent limiter les impacts sur les milieux naturels dans le secteur du chemin du Mont-Orford, préserver les percées visuelles sur le Mont-Orford aux Quatre-Fourches et conserver le caractère résidentiel près des rues Saint-Mathieu et Saint-Patrice Est.

Par ailleurs, le conseil a aussi adopté trois autres règlements pour renforcer le développement harmonieux du territoire magogois, le 20 avril dernier. L’intégration architecturale et paysagère sera notamment scrutée à la loupe via un Plan d’implantation et d’intégration architecturale (PIIA) dans les projets comportant deux bâtiments principaux sur un même terrain et les nouvelles constructions ou les agrandissements d’immeubles de six logements et plus.

PRINCIPALES DISPOSITIONS DU RCI

  • Un verdissement accru pour les projets résidentiels multifamiliaux
  • Une limitation de l’occupation des terrains
  • Un ajustement des exigences de stationnements
  • Un encadrement temporaire des habitations accessoires
  • Une suspension temporaire de certains projets de triplex

2025 AU SOMMET DEPUIS QUATRE ANS

  • Total de 1631 permis de construction
  • Valeur de 206 millions $
  • Création de 583 unités