L’Estrie est fortement touchée par les collisions impliquant la grande faune
TRANSPORT. Avec l’arrivée imminente du printemps, les conducteurs au Québec doivent être plus prudents sur la route car plusieurs animaux, comme les cerfs et les orignaux, se déplacent davantage. L’Estrie est lourdement touchée puisque, dans les trois dernières années, la région s’est classée au deuxième rang parmi celles où l’on compte le plus grand nombre de collisions impliquant la grande faune.
La situation est préoccupante dans la région estrienne. ” Entre 2021 et 2023, donc sur trois ans, il s’agit de 4580 accidents qui ont été recensés, soit environ 1500 par année “, explique Jeanne Séguin-Laflamme, porte-parole du ministère des Transports et de la Mobilité durable.
Contrairement à d’autres régions, les cerfs sont largement répandus en Estrie. Ce qui fait que presque toutes les routes sont à risque, que ce soit des autoroutes, des routes régionales et des axes secondaires. Plus précisément les autoroutes 10, 55 et 610 ainsi que les routes 108 et 112 sont tous susceptibles d’être fréquentés par ces animaux.
” Il y en a partout. C’est ce qui rend plus difficile la mise en place de mesures ciblées comme les clôtures ou les panneaux lumineux, qui sont efficaces ailleurs, mais moins adaptés ici “, précise la porte-parole.
Des mesures déjà mises en place
Le gouvernement a déjà installé certaines mesures pour réduire les accidents, comme :
Installation de panneaux de signalisation dans les secteurs à risque et parfois munis de feux clignotants Aménagement de passages fauniques, tels que des tunnels sous la chaussée Mise en place de clôtures anticervidés dans certaines régions Travaux de déboisement pour améliorer la visibilité
D’ailleurs, un projet d’envergure débutera l’été prochain, dans le secteur d’Eastman. ” Huit ponceaux seront remplacés par deux ponts intégrant un passage faunique sous l’autoroute 10, afin de faciliter les déplacements sécuritaires des animaux “, annonce Mme Séguin-Laflamme.
Que faire comme conducteur?
La prudence des conducteurs demeure la meilleure protection. Les autorités rappellent quelques consignes importantes :
Respecter les limites de vitesse, surtout le matin et le soir, quand les animaux sont plus actifs Ralentir dès qu’on pense qu’un animal pourrait être proche Éviter les mouvements brusques si un animal apparaît soudainement Freiner plusieurs fois pour avertir les autres conducteurs
En cas de collision imminente, il est recommandé de freiner progressivement plutôt que de tenter une manœuvre risquée.
L’importance de signaler
Les autorités demandent aussi aux citoyens de signaler la présence d’animaux près des routes en appelant le 511 et option 2. ” Chaque signalement permet d’agir plus rapidement et de mieux cibler les zones d’intervention “, affirme Jeanne Séguin-Laflamme.
Au printemps, il est important d’être encore plus vigilant sur les routes. Faire attention peut aider à éviter des accidents et à protéger à la fois les conducteurs et les animaux.
Un texte de Andrew Litjens
