Les tarifs de Trump hantent toujours Cercueils Magog
AFFAIRES. Les droits de douane sur l’acier imposés par le gouvernement Trump continuent de hanter l’entreprise Cercueils Magog. Plus d’un an après le début de cette guerre tarifaire, son propriétaire Nicolas Lacasse hausse le ton pour que les gouvernements aident “enfin” financièrement cette compagnie qui existe depuis 73 ans.
M. Lacasse cherche des solutions pour garder les portes ouvertes et conserver sa cinquantaine d’employés. L’entreprise fabricant des cercueils en acier traverse en effet une période déterminante, surtout que son marché est principalement aux États-Unis. Son chiffre d’affaires a diminué d’environ 20 %, ce qui représente une perte de plus de deux millions de dollars depuis un an.
Cercueils Magog a notamment réduit les heures des salariés, mais a pu récupéré des ventes perdues et trouvé de nouveaux clients pour se garder la tête hors de l’eau. Cependant, Nicolas Lacasse déplore l’absence de soutien des institutions bancaires ainsi que des gouvernements municipal, provincial et fédéral. “On a frappé à de nombreuses portes, mais on ne reçoit aucun support”, s’indigne-t-il.
Le président de cette entreprise est surtout mécontent des refus d’Ottawa. Ses demandes d’aides financières et de subventions ont été déclinées, même si ce sont les contre-tarifs canadiens qui font les plus grands dommages dans le budget de Cercueils Magog. “On a été refusé, car notre année n’était pas à profit, peste-t-il. Je cours après le gouvernement pour compenser 300 000 $ déjà payés en tarifs, mais on me dit que je ne suis pas éligible.”
M. Lacasse est convaincu du contraire. Il aurait bien aimé figurer dans une liste d’entreprises dévoilée le 7 avril dernier. Ottawa y énumère une centaine de compagnies québécoises du secteur de l’acier recevant 64 millions $ en contributions non remboursables. On y dénombre cinq entreprises estriennes se partageant entre 155 000 $ et 1 M$. La Magogoise Scholer Industriel est du nombre avec une aide financière d’environ 800 000 $.
” De plus, j’ai un compétiteur qui fabrique des cercueils en bois qui a eu droit à une subvention sans être touché par les tarifs douaniers, se plaint-il. Mon propre gouvernement me fait plus mal que les Américains, ça, c’est la cerise sur le sundae.”
” Je crois que le problème est qu’on n’a jamais demandé d’aide à personne par le passé, ajoute M. Lacasse. Ça fait qu’on ne fait pas partie des entreprises connues du gouvernement pour bénéficier des programmes d’aide. Pendant ce temps-là, c’est moi personnellement qui assume les pertes.”
