Les paramédics de la province en grève

GRÊVE. Près de 3300 paramédics de l’ensemble du territoire québécois, dont plus de 275 en Estrie, ont déclenché dimanche (6 juillet) une grève générale illimitée, dénonçant entre autres le respect des horaires et plusieurs questions salariales. 

Sans convention collective depuis avril 2023, les paramédics affiliés à la CSN passent ainsi à l’action, jugeant les négociations avec le gouvernement de la CAQ trop lentes et insuffisantes. Si les services essentiels sont maintenus conformément aux balises du Tribunal administratif du travail, plusieurs tâches non urgentes, notamment administratives, sont suspendues. Le personnel cadre assurera aussi, en rotation, les postes de paramédics qui exerceront une grève de temps. 

«  D’un côté de la bouche, le gouvernement de la CAQ nous dit qu’il trouve qu’il y a trop de grèves au Québec. Mais de l’autre côté, en négociation, il se traîne les pieds et refuse de mettre des propositions sérieuses sur la table. Nous entendons donc déployer tous les moyens qu’il faudra afin que les paramédics de notre région et du Québec obtiennent des conditions de travail qui reflètent l’importance de leur contribution à notre société », mentionne la présidente du Conseil central de l’Estrie – CSN, Julie Bolduc.

Des enjeux « clairs »

En plus de réclamer une amélioration salariale « en adéquation avec leurs responsabilités » et une bonification du régime de retraite, les paramédics souhaitent que le gouvernement se penche sur la question des horaires, notamment pour pallier à la grande augmentation des heures supplémentaires.

En région, le président du Syndicat des paramédics de l’Estrie (SPE-CSN), Samuel Côté, déplore le manque de progrès à la table des négociations. « Le gouvernement est entièrement responsable de cette situation. Du côté syndical, après plus de deux ans sans contrat de travail, nous sommes prêts depuis un bon moment à passer en vitesse supérieure, ce qui ne semble pas le cas de nos vis-à-vis patronaux. C’est déplorable, parce que pendant tout ce temps perdu, les paramédics sur le terrain continuent de se donner corps et âme, chaque jour, pour prendre soin de la population et sauver des vies, et ce, sans aucune reconnaissance des autorités », insiste le représentant syndical.

Le vice-président de la Fédération de la santé et des services sociaux en Estrie, François Perron, fait écho aux propos de M. Côté. « Le gouvernement sait bien que les paramédics ne pourront jamais accepter une baisse de leur rémunération. Comment se fait-il que, deux ans après l’échéance des conventions, il ne soit même pas encore capable de déposer à la table de négociation les mêmes augmentations de salaire qu’il a négociées avec tous ses autres groupes de salariés? », s’interroge M. Perron.

Mentionnons que neuf journées de négociations sont prévues pendant le mois de juillet.